En France, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé lundi 20 avril, son intention de mettre fin à l’exonération des droits d’inscription pour les étudiants internationaux originaires de pays hors Union européenne. Depuis 2018, des tarifs différenciés (plus élevés pour les étrangers que pour les Français) existent, mais ils sont rarement appliqués dans les universités. La mesure annoncée par le gouvernement fait débat. Selon les syndicats étudiants, elle risque d’aggraver la précarité des étrangers.
Le dispositif avait été instauré il y a huit ans, suscitant déjà l’opposition des syndicats étudiants et de nombreux présidents d’université. En réaction, les établissements avaient mis en place des procédures d’exonération, massivement utilisées.
Philippe Baptiste souhaite désormais inverser la tendance. « Les universités ne pourront plus accorder des exonérations massives ; elles seront réservées à des cas très précis », a-t-il expliqué dans les colonnes du Parisien, en dévoilant les grandes lignes d’un nouveau plan intitulé « Choose France For Higher Education ». « Nous revenons aux principes fondamentaux et à la loi, qui a été quelque peu contournée ces dernières années. La règle, ce sont les droits différenciés, et l’exception, c’est l’exonération », a-t-il déclaré.
Près de 3 000 euros pour une licence
Les étudiants étrangers hors Union européenne devront désormais payer 2 895 euros pour s’inscrire en licence et 3 941 euros pour un master. « Cela ne représente que 30 % du coût réel de la formation », a insisté Philippe Baptiste, soulignant que ces montants restent très inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres grandes destinations universitaires comme les États-Unis ou le Royaume-Uni.
Des mécanismes de compensation subsisteront toutefois. L’objectif est de faire payer 90 % des étudiants étrangers ; seuls 10 % pourraient bénéficier d’une bourse d’études, en fonction de leur filière.
Ces annonces ont immédiatement provoqué l’indignation des syndicats étudiants. « On instaure une sélection dans des filières considérées comme utiles au marché : sciences, numérique, intelligence artificielle. C’est ce qui est sous-entendu. Les autres filières ne seraient pas prioritaires, donc les étudiants concernés ne pourraient pas bénéficier d’exonérations », déplore Manon Moret, secrétaire générale de l’Unef.
« La mesure sera introduite progressivement et ne concernera pas les étudiants déjà en cours de cycle », a assuré le ministre. À terme, d’ici deux à trois ans, elle pourrait rapporter environ 250 millions d’euros par an aux universités, selon ses estimations.

