Le Burkina Faso a essuyé l’un de ses plus lourds coups depuis plusieurs mois dans la région du Koulpelogo. Dans la matinée du mercredi 22 avril, la base militaire de Bagmoussa a été prise pour cible par un commando d’hommes armés. Le bilan, qui n’a cessé de s’alourdir, fait état d’au moins 28 morts parmi les soldats et les supplétifs des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Plusieurs hommes sont également portés disparus.
L’assaut n’a pas épargné les infrastructures. La base a été mise à sac, incendiée en partie, tandis que des commerces du village voisin ont été pillés. Les assaillants ont également emporté du bétail, selon des sources sécuritaires. Les habitants, sous le choc, évoquent une opération d’une rare violence.
Les responsables locaux sont critiqués. Depuis plusieurs semaines, des groupes armés circulaient librement dans la commune de Soudougui, dont Bagmoussa est une localité proche de la frontière togolaise. Des témoins affirment que des alertes avaient été données, mais aucune action préventive n’a visiblement été engagée. « On aurait pu éviter ce drame », se désole un résident de la zone.
Le gouvernement, réuni en conseil des ministres à Bobo-Dioulasso, n’a pas commenté l’attaque. Mais il a annoncé un projet de création d’une réserve militaire. L’objectif est de recruter et former 100 000 réservistes d’ici fin 2026, des citoyens prêts à être mobilisés immédiatement. Une manière de renforcer les effectifs face à une menace de plus en plus pressante.

