Cela faisait 51 jours qu’ils ne s’étaient pas appelés officiellement. Selon le sherpa diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, l’Iran a été au centre de l’entretien téléphonique de 90 minutes qui était à l’initiative de Vladimir Poutine. Le chef de l’État russe semble avoir réussi à se replacer dans les négociations au Proche-Orient, actuellement au point mort.
Aujourd’hui, selon le compte-rendu du Kremlin, le chef de l’État russe se permet de délivrer des avertissements. « Le président russe a souligné les conséquences inévitables et extrêmement graves, non seulement pour l’Iran et ses voisins, mais aussi pour l’ensemble de la communauté internationale, si les États-Unis et Israël recouraient à nouveau à la force. L’option d’une opération terrestre sur le territoire iranien paraît totalement inacceptable et dangereuse », a déclaré Iouri Ouchakov.
Un retour diplomatique pour Moscou
Surtout, cette fois Vladimir Poutine, qui a reçu le chef de la diplomatie iranienne lundi et lui a promis « de tout faire pour faire la paix », se replace dans le jeu diplomatique. « La Russie est fermement résolue à apporter son soutien aux efforts diplomatiques visant à trouver une solution pacifique à la crise et a formulé plusieurs propositions pour résoudre les différends relatifs au programme nucléaire iranien », a précisé le conseiller diplomatique.
En se rapprochant de Téhéran, Moscou s’était éloigné des pays du Golfe. Le Kremlin cherche aujourd’hui à retrouver une position d’équilibre. La dernière fois que le chef de l’État russe avait proposé à Donald Trump de jouer les médiateurs au Proche-Orient, c’était pendant la guerre des 12 jours en juin dernier. Le locataire de la Maison Blanche lui avait alors opposé une rebuffade publique. Cette fois, le ton semble différent. Mais la route vers un accord reste semée d’embûches.

