Burkina Faso : les députés adoptent un nouveau Code du travail, ce qui change pour les femmes

Au Burkina Faso, l’Assemblée législative du Peuple a adopté, ce mercredi 6 mai 2026 à Ouagadougou, le nouveau Code du travail du Burkina Faso. Le texte a été voté à l’unanimité par les 59 députés présents en séance plénière.

Portée par le gouvernement burkinabè, cette réforme entend moderniser le cadre juridique du travail afin de stimuler l’emploi, renforcer la compétitivité des entreprises et améliorer la protection des travailleurs.

Le nouveau Code du travail comprend 10 titres, 30 chapitres et 441 articles. Présenté devant les députés par Mathias Traoré, le texte introduit plusieurs changements importants touchant aussi bien les contrats de travail que le télétravail, les licenciements ou encore les droits syndicaux.

Parmi les principales innovations figure la limitation des renouvellements des contrats à durée déterminée (CDD). Désormais, un CDD ne pourra pas être renouvelé plus de deux fois avec le même salarié dans une même entreprise.

Le texte encadre également davantage le travail temporaire et l’intérim. La durée maximale de mise à disposition d’un travailleur intérimaire est fixée à un an, avec un principe d’égalité salariale entre travailleurs temporaires et permanents occupant les mêmes fonctions.

Le gouvernement a aussi intégré officiellement le télétravail dans la législation nationale, une adaptation présentée comme nécessaire après les transformations du monde professionnel accélérées par la pandémie de COVID-19.

Autre mesure marquante, les indemnités accordées en cas de licenciement abusif passent de 18 à 24 mois de salaire maximum. Les autorités souhaitent ainsi limiter les abus et renforcer la protection des employés.

Le nouveau Code introduit également des dispositions contre le harcèlement moral et sexuel au travail afin de faciliter les poursuites judiciaires contre les auteurs de tels actes.

Concernant les travailleurs étrangers, le texte impose désormais une autorisation préalable des services publics de l’emploi avant tout recrutement d’un travailleur non national non résident. Les employeurs devront également obtenir un permis de travail et faire viser les contrats concernés.

Le repos pour allaitement accordé aux salariées passe de 14 à 15 mois, tandis que la durée maximale des permissions exceptionnelles pour événements sociaux est portée à 15 jours.

Enfin, le seuil obligatoire de mise en place d’un comité de sécurité et santé au travail est abaissé de 30 à 25 travailleurs afin d’élargir la couverture des salariés. À l’issue du vote, Mathias Traoré a salué l’adoption du texte et annoncé une campagne nationale de vulgarisation dans les différentes régions du pays.

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