Le procès d’un homme de 46 ans s’ouvre ce lundi 18 mai devant la cour criminelle des Pyrénées-Atlantiques, à Pau. Il est accusé d’avoir manipulé une octogénaire vulnérable et de lui avoir soutiré près de 830.000 euros après avoir conclu un pacte civil de solidarité (PACS) avec elle.
L’affaire remonte à 2019, lorsque Jeanne N., alors âgée de 89 ans, rencontre Matthieu T., un démarcheur téléphonique de 39 ans, dans un petit village proche de Pau. Quelques mois plus tard, la retraitée quitte précipitamment son domicile pour s’installer avec lui à Bayonne, dans un appartement loué à son nom.
À peine un mois et demi après leur emménagement, le couple officialise son union par un PACS. Lors de son audition, l’accusé a affirmé considérer Jeanne comme sa « grand-mère », expliquant que cette démarche aurait été suggérée par leur notaire.
Mais selon l’enquête, la situation financière de la nonagénaire change radicalement après cette union. Matthieu T. obtient la procuration sur ses comptes bancaires, perçoit des virements mensuels de 1.300 euros et procède à la fermeture de plusieurs comptes ainsi que de contrats d’assurance-vie, pour un montant estimé à près de 570.000 euros.
Les enquêteurs lui reprochent également d’avoir créé une société civile immobilière afin d’acquérir plusieurs biens, souvent sans la présence de Jeanne lors des transactions.
L’inquiétude grandit lorsque la vieille dame disparaît progressivement de la vie publique. En 2022, un signalement anonyme alerte les autorités sur une possible exploitation financière. Quelques mois plus tard, Jeanne est retrouvée au Maroc, à Casablanca, dans un état de confusion.
Face aux enquêteurs, elle affirme ignorer l’existence des procurations signées en son nom. Matthieu T., déjà connu des services de police pour des faits d’escroquerie et de blanchiment, soutient pour sa part avoir agi avec son consentement.
Décédée en 2025 à l’âge de 94 ans, Jeanne N. laisse derrière elle une affaire qui interroge sur la vulnérabilité des personnes âgées face aux abus de confiance. Le procès devra déterminer les responsabilités de l’accusé dans ce dossier aux allures d’arnaque sentimentale.
