La situation sanitaire se dégrade rapidement en République démocratique du Congo. Le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, a annoncé ce 21 mai un nouveau bilan alarmant de l’épidémie d’Ebola avec 159 décès estimés et 626 cas suspects recensés, principalement dans la partie orientale du pays.
L’épicentre de cette nouvelle flambée reste la province de l’Ituri, notamment à Bunia et dans la cité minière de Mongwalu, dans le territoire de Djugu. Mais l’épidémie s’étend désormais au-delà. Après le North Kivu, où des cas confirmés avaient déjà été enregistrés à Goma et Butembo, le South Kivu est à son tour touché, avec un cas signalé dans le territoire de Kabare.
Cette flambée présente une difficulté supplémentaire. Il ne s’agit pas de la souche Ebola Zaïre, habituellement rencontrée dans le pays, mais du variant Bundibugyo, jugé plus difficile à identifier. Contrairement aux formes classiques du virus, souvent marquées par des hémorragies spectaculaires, cette souche se manifeste d’abord par des symptômes plus communs notamment une forte fièvre, vomissements et diarrhées, pouvant être confondus avec d’autres maladies comme le paludisme.
Cette discrétion clinique complique le diagnostic, d’autant que peu de laboratoires en RDC sont actuellement équipés pour détecter spécifiquement ce variant. Seuls quelques centres spécialisés, notamment à Kinshasa, Goma et Bunia, peuvent confirmer les cas, ce qui ralentit considérablement la riposte.
Sur le terrain, les défis logistiques et sanitaires restent majeurs. Médecins Sans Frontières alerte sur l’absence d’actions suffisamment efficaces dans certaines zones touchées, alors que les structures hospitalières sont déjà sous tension. Le gouvernement assure toutefois que les premiers centres exclusivement dédiés aux patients Ebola devraient être opérationnels dans les prochaines heures.
Cette nouvelle flambée ravive les inquiétudes dans un pays déjà habitué aux épidémies répétées d’Ebola. Mais cette fois, la propagation silencieuse du variant Bundibugyo pourrait rendre la lutte plus complexe encore, au moment où les autorités sanitaires tentent d’éviter une extension nationale de la crise.
