La médiation entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et l’Alliance des États du Sahel se poursuit. Reçu ce 25 mai à Ouagadougou par le capitaine Ibrahim Traoré, également président en exercice de la Confédération des États du Sahel, le médiateur ouest-africain Lansana Kouyaté a défendu la nécessité d’un dialogue constructif entre les deux blocs régionaux.
À l’issue de son entretien au palais présidentiel, l’émissaire de la Cédéao a insisté sur l’importance de maintenir des passerelles entre les États membres de l’organisation sous-régionale et les pays de l’AES, composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
« La géographie unit l’AES et la Cédéao, les populations doivent continuer à aller de part et d’autre », a déclaré Lansana Kouyaté, plaidant pour la préservation de la libre circulation des personnes et des échanges économiques, malgré les tensions politiques.
Le médiateur a reconnu le caractère « assez complexe » des discussions, dont les enjeux (sécurité régionale, stabilité institutionnelle et bien-être des populations) dépassent la seule dimension diplomatique.
Créée en septembre 2023, l’Alliance des États du Sahel s’est progressivement affirmée comme une alternative politique et sécuritaire à la Cédéao. En juillet 2024, les trois pays membres ont officialisé leur décision de quitter l’organisation régionale.
Nommé à la fin du mois de mars comme négociateur en chef de la Cédéao auprès des pays de l’AES, Lansana Kouyaté multiplie depuis les consultations diplomatiques. Avant son déplacement à Ouagadougou, il s’était notamment rendu au Togo, au Ghana et en Côte d’Ivoire pour recueillir les positions des dirigeants régionaux.
Cette visite au Burkina Faso apparaît comme une nouvelle tentative de rapprocher deux ensembles désormais séparés politiquement, mais toujours liés par des défis communs et une interdépendance géographique difficile à contourner.
