Rougeole : une maladie que l’on pensait disparue refait surface en France

La Rougeole n’a rien d’une maladie bénigne ni d’un simple souvenir des générations passées. En France, les autorités sanitaires observent depuis quelques années une recrudescence progressive des cas.

Selon les données présentées dans une analyse publiée par The Conversation, le nombre de cas est passé de 15 en 2022 à 873 en 2025. Cette progression s’accompagne de complications sérieuses : hospitalisations, passages en réanimation, et plusieurs décès enregistrés, notamment chez des personnes fragilisées par d’autres pathologies.

La maladie est souvent sous-estimée, alors qu’elle figure parmi les infections virales les plus contagieuses connues. Une personne infectée peut transmettre le virus à une vingtaine d’individus non immunisés. Les symptômes peuvent sembler ordinaires au départ (fièvre, toux, éruption cutanée), mais les conséquences peuvent devenir graves, avec des complications respiratoires ou neurologiques.

Une couverture vaccinale insuffisante

Les experts rappellent que le principal facteur de cette résurgence reste la couverture vaccinale incomplète. Le vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole) nécessite deux doses pour offrir une protection durable. Or, si la première dose est largement administrée, la seconde reste insuffisamment suivie dans plusieurs populations.

Ce déficit empêche d’atteindre le seuil de 95 % de couverture nécessaire pour interrompre la circulation du virus. Les perturbations liées à la pandémie de COVID-19, ainsi que la désinformation et certaines réticences vaccinales, ont contribué à cette situation.

Une situation mondiale préoccupante

D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 120 pays présentent aujourd’hui un risque élevé de résurgence de la rougeole. L’Europe, mais aussi les États-Unis et le Canada, enregistrent également des foyers de reprise de la maladie.

Selon les spécialistes de santé publique, la rougeole reste évitable grâce à la vaccination. Deux doses suffisent à protéger durablement un individu et à réduire la circulation du virus dans la population.

L’enjeu est donc collectif. Lorsque la couverture vaccinale baisse, le virus retrouve un terrain favorable et expose les plus vulnérables (nourrissons, femmes enceintes ou personnes immunodéprimées) à des formes graves parfois mortelles.

Source principale

  • Article de The Conversation, rédigé par Julia Dina (Université de Caen Normandie), publié le 26 mai 2026.
  • Lire l’article original.

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