Au Burkina Faso, les relations se tendent entre les autorités de transition et une partie du mouvement étudiantin. L’Union Générale des Étudiants Burkinabè (UGEB), qui avait soutenu dès les premières heures l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré après le coup d’État, affiche désormais un profond désenchantement.
Après près de quatre années de transition militaire, le collectif estime que la situation sécuritaire du pays continue de se détériorer malgré les promesses des autorités. Dans plusieurs prises de parole, l’organisation étudiante a dénoncé le fait que les attaques armées continuent de sévir et les difficultés auxquelles restent confrontées de nombreuses populations burkinabè.
Ces critiques n’ont pas été bien accueillies par le pouvoir. Les autorités ont décidé de suspendre l’UGEB, car il reproche à certains de ses responsables d’avoir exprimé des propos considérés comme un soutien implicite au terrorisme. Une décision qui suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux universitaires et au sein de l’opinion publique.
Cette affaire indique un climat de plus en plus tendu autour de la liberté d’expression au Burkina Faso, où les voix critiques envers la transition sont régulièrement accusées de fragiliser l’effort national contre l’insécurité.
Longtemps considéré comme un soutien important du pouvoir de transition, le mouvement étudiantin semble désormais prendre ses distances face aux difficultés du pays, notamment sur le front sécuritaire.


