Bénin : Nicéphore Soglo approuve la méthode Wadagni sur le front diplomatique

L’ancien président béninois a salué les premières initiatives régionales du chef de l’État, Romuald Wadagni. Une approche qu’il juge « stratégique » et « cohérente », à l’heure où Cotonou recompose ses alliances en Afrique de l’Ouest.

C’est un soutien qui pèse. À plus de 90 ans, Nicéphore Dieudonné Soglo, figure tutélaire de la vie politique béninoise, sort de sa réserve diplomatique. L’ancien chef de l’État (1991-1996) a pris la parole pour approuver sans ambages les premières actions de Romuald Wadagni en matière de relations régionales. Une démarche qu’il qualifie de « stratégique et cohérente ».

Un signal fort, alors que le successeur de Patrice Talon (dont Soglo fut un opposant historique) peine encore à imposer sa légitimité sur la scène internationale. Mais sur ce terrain, l’ancien président ne fait pas de la petite politique. Il salue l’intelligence de l’approche.

Le Nigeria en ligne de mire

Au cœur de cette stratégie, le Nigeria. Et pour cause. Dès les premières semaines de son mandat, Romuald Wadagni a fait du voisin géant une priorité. Visite à Abuja, entretien avec Bola Ahmed Tinubu, puis déplacements à Niamey et Ouagadougou. Une séquence diplomatique rondement menée, selon Nicéphore Soglo, qui voit dans ces initiatives une volonté claire de « prendre la question diplomatique par le bon bout ».

« Le président a choisi de privilégier le dialogue avec les pays voisins », analyse l’ancien chef de l’État, qui insiste particulièrement sur le rôle central du Nigeria. « C’est un partenaire stratégique majeur pour le Bénin », rappelle-t-il.

Mais la manœuvre n’est pas simple. Car Cotonou doit aussi composer avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) (Mali, Burkina Faso, Niger) désormais sortis de la Cédéao. Un exercice d’équilibriste que Wadagni semble maîtriser, selon Soglo, qui voit dans cette approche « une rupture constructive » avec la diplomatie antérieure.

L’ancien président ne s’arrête pas là. Il affirme avoir personnellement échangé avec le chef de l’État pour le féliciter de ces premières initiatives. Une preuve, s’il en fallait une, que les clivages politiques peuvent parfois s’effacer face aux intérêts supérieurs de la nation.

Stabilité régionale en toile de fond

Pour Nicéphore Soglo, l’enjeu dépasse largement les frontières béninoises. Dans une région ouest-africaine en pleine recomposition (menace djihadiste, coups d’État à répétition, tensions économiques), la stabilité du Bénin passe par la qualité de ses relations avec ses voisins immédiats.

« Cette stratégie fondée sur le dialogue et le rapprochement constitue une base essentielle pour consolider la stabilité et renforcer l’intégration régionale », conclut l’ancien président. Un message adressé autant à Wadagni qu’aux autres chefs d’État de la région.

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