Guerre au Moyen-Orient, flambée des prix de l’énergie, croissance en berne… Dans ses dernières Perspectives économiques, l’OCDE dresse un tableau sombre de la conjoncture internationale. L’institution met en garde contre une nouvelle poussée inflationniste qui pourrait compromettre la reprise.
Selon l’institution basée à Paris, la croissance mondiale devrait ralentir à 2,8 % en 2026 contre 3,4 % en 2025. Les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, la volatilité persistante des marchés énergétiques et la résurgence des tensions inflationnistes dans plusieurs grandes économies sont les principales causes de cette décélération.
Pour l’OCDE, le conflit qui secoue actuellement le Moyen-Orient constitue désormais la menace la plus sérieuse pour la stabilité économique mondiale. Les perturbations sur les marchés pétroliers et gaziers alimentent une hausse des coûts de production, accroissent les dépenses énergétiques des ménages et pèsent sur les perspectives d’investissement.
« L’économie mondiale fait preuve de résilience, mais elle est confrontée à des vents contraires de plus en plus puissants », souligne le rapport, qui met en garde contre les effets d’un éventuel prolongement des hostilités.
Le spectre d’un nouveau choc pétrolier
Les économistes de l’OCDE le reconnaissent. L’évolution de la situation au Moyen-Orient sera déterminante pour l’économie mondiale dans les mois à venir. La région reste un maillon essentiel de l’approvisionnement énergétique international. Toute perturbation durable des exportations pourrait provoquer une envolée des prix du pétrole.
L’organisation a élaboré un scénario pessimiste dans lequel les perturbations se prolongeraient jusqu’en 2027. Dans cette hypothèse, la croissance mondiale chuterait à seulement 2,1 % en 2026 avant de tomber à 1,8 % l’année suivante. Des niveaux qui rappellent les périodes les plus sombres de l’économie mondiale.
Une telle situation aurait des conséquences majeures pour les pays importateurs de pétrole, notamment en Afrique, où les coûts de transport, de production et de consommation restent fortement dépendants des cours internationaux des hydrocarbures.
L’inflation, le retour du cauchemar
Alors que plusieurs pays commençaient à maîtriser l’inflation, l’OCDE avertit que la flambée des prix de l’énergie pourrait remettre en cause une partie des progrès réalisés. Les tensions géopolitiques exercent déjà une pression à la hausse sur les prix du pétrole, du gaz et de certaines matières premières stratégiques.
Pour les ménages, les conséquences pourraient être douloureuses, avec une hausse du coût de la vie dans les secteurs du transport, de l’alimentation et de l’énergie domestique. Face à ce risque, l’OCDE recommande aux gouvernements de privilégier des mesures ciblées pour les populations les plus vulnérables, plutôt que des dispositifs généralisés qui alourdiraient les déficits publics.
L’Afrique dans la tourmente
Le ralentissement attendu ne touche pas uniquement les pays industrialisés. Les économies émergentes et en développement, notamment africaines, pourraient subir de plein fouet les effets du ralentissement du commerce mondial, de la baisse des investissements et du durcissement des conditions financières internationales.
Malgré ce tableau assombri, l’OCDE identifie plusieurs facteurs susceptibles de soutenir l’activité économique à moyen terme. L’intelligence artificielle figure en bonne place. L’institution la considère comme l’un des principaux moteurs potentiels de productivité pour les années à venir.
Selon l’OCDE, une adoption rapide et maîtrisée de l’IA pourrait compenser une partie des effets du ralentissement économique en améliorant l’efficacité des entreprises et des administrations. L’organisation appelle toutefois les gouvernements à accompagner cette transformation par des politiques de formation, d’éducation et d’adaptation du marché du travail.
« Les gouvernements doivent maintenir la confiance des investisseurs en poursuivant les réformes destinées à améliorer la productivité et la compétitivité », insiste le rapport, qui plaide pour une accélération des investissements dans les infrastructures, la transition énergétique et l’innovation technologique.
