L’hypertension artérielle demeure l’un des principaux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires dans le monde. Souvent silencieuse, elle peut favoriser les accidents vasculaires cérébraux, les infarctus ou encore l’insuffisance cardiaque. Une vaste étude américaine apporte toutefois une bonne nouvelle. Selon cette étude, pratiquer une activité physique régulière dès le jeune âge pourrait réduire considérablement le risque de développer cette maladie.
Menée par des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) et publiée dans l’American Journal of Preventive Medicine, l’étude a suivi plus de 5 100 adultes pendant une période de trente ans afin d’évaluer les liens entre activité physique et hypertension.
Les chercheurs ont observé une diminution progressive de l’activité physique entre 18 et 40 ans, parallèlement à une augmentation du nombre de cas d’hypertension.
Selon le Dr Jason Nagata, spécialiste en médecine des jeunes adultes à l’UCSF, près de la moitié des participants présentaient déjà un niveau d’activité physique insuffisant au début de l’âge adulte, un facteur associé à un risque accru de développer une hypertension au fil des années.
Cinq heures d’exercice par semaine, un objectif bénéfique
L’un des principaux enseignements de l’étude est que les personnes pratiquant cinq heures d’activité physique modérée par semaine, soit environ une heure par jour pendant cinq jours, présentaient un risque nettement plus faible de souffrir d’hypertension que celles respectant uniquement les recommandations minimales actuelles.
Les bénéfices étaient encore plus marqués chez les participants ayant maintenu ce niveau d’activité jusqu’à l’âge de 60 ans. Ces résultats suggèrent qu’un volume d’exercice supérieur aux recommandations actuelles pourrait offrir une meilleure protection contre l’élévation de la pression artérielle.
Les auteurs de l’étude soulignent que la transition vers la vie adulte constitue une période critique. Les études supérieures, l’entrée dans la vie professionnelle, les responsabilités familiales et le manque de temps réduisent souvent les occasions de pratiquer une activité physique régulière.
Ils plaident ainsi pour le développement de politiques publiques et de programmes favorisant le sport tout au long de la vie, en particulier chez les jeunes adultes.
Des inégalités persistantes
L’étude met également en évidence d’importantes disparités entre les populations. Les chercheurs estiment que ces différences s’expliquent notamment par des facteurs socio-économiques tels que l’accès aux infrastructures sportives, les conditions de vie ou encore les contraintes professionnelles.
Au-delà de ces constats, les chercheurs rappellent qu’une activité physique régulière, associée à une alimentation équilibrée, au maintien d’un poids sain, à la limitation du sel et à un suivi médical, demeure l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir l’hypertension et préserver durablement la santé cardiovasculaire.
