Côte d’Ivoire : l’État rachète 100 000 tonnes de cacao pour sauver la filière

Le gouvernement ivoirien affirme avoir achevé son vaste programme de rachat des stocks de cacao, lancé au début de l’année afin de soutenir une filière confrontée à une forte baisse des cours mondiaux. Selon le Conseil du café et du cacao (CCC), l’opération a porté sur 100 000 tonnes de fèves pour un coût total de 280 milliards de francs CFA.

Dans un communiqué publié jeudi, le régulateur de la filière précise que les achats se sont effectués au prix de 2 800 francs CFA le kilogramme. Ce tarif correspond à l’engagement pris par les autorités pour permettre l’écoulement des stocks accumulés dans les entrepôts des coopératives.

Cette intervention exceptionnelle répond à une situation devenue préoccupante. Malgré un prix garanti favorable aux producteurs, la chute des cours sur le marché international a ralenti les exportations. Les opérateurs ont alors réduit leurs achats, ce qui a entraîné une accumulation importante de cacao invendu dans plusieurs zones de production.

Face à cette impasse, l’État ivoirien a choisi d’intervenir directement afin de soutenir les coopératives et d’éviter une crise plus profonde dans une filière essentielle pour l’économie nationale. Des millions de personnes dépendent en effet du cacao, que ce soit dans la production, le transport, la transformation ou le commerce.

Selon le gouvernement, cette opération a permis d’écouler l’ensemble des stocks concernés et de redonner de l’oxygène aux différents acteurs de la chaîne de valeur. Les autorités estiment ainsi avoir atteint l’objectif fixé au lancement du programme.

Cette lecture ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs organisations professionnelles soutiennent que les volumes de cacao restés sans acheteur dépassaient largement les 100 000 tonnes annoncées par le Conseil du café et du cacao. Elles considèrent que des stocks importants demeurent encore dans certains entrepôts.

En parallèle, l’exécutif a modifié sa politique de prix. Depuis le mois de mars, le prix garanti pour la campagne intermédiaire s’établit à 1 200 francs CFA le kilogramme, contre 2 800 francs CFA lors de la campagne principale. Cette baisse continue de susciter des interrogations chez de nombreux producteurs, qui redoutent une diminution durable de leurs revenus.

Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire reste fortement dépendante de cette culture, qui représente une source majeure de devises et de revenus pour les populations rurales. Les évolutions des cours internationaux continuent donc d’avoir un impact direct sur l’économie du pays.

Si les autorités présentent ce programme de rachat comme une réponse efficace à la crise, les prochains mois permettront d’évaluer son effet réel sur la reprise des exportations et sur la situation financière des producteurs ivoiriens.

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