Le Nigeria entend jouer un rôle de premier plan dans l’émergence de l’économie africaine de l’intelligence artificielle. Le pays mise sur le développement de ses infrastructures numériques, la formation des talents et l’évolution de son cadre réglementaire pour passer du statut de grand consommateur de technologies à celui de producteur et d’exportateur de solutions d’IA.
Cette ambition sera au cœur de la deuxième édition de GITEX NIGERIA, prévue du 31 août au 3 septembre à Abuja et Lagos. L’événement réunira des responsables gouvernementaux, des entreprises technologiques, des investisseurs et des startups autour des perspectives de développement du secteur numérique.
Organisé par KAOUN International avec le soutien du ministère fédéral des Communications, le rendez-vous intervient alors que plusieurs pays africains cherchent à développer leurs propres capacités dans l’intelligence artificielle. L’enjeu dépasse désormais la simple amélioration de l’accès à Internet et porte sur les infrastructures nécessaires au déploiement des nouvelles technologies.
Le thème retenu cette année, « Beyond Connectivity: The Bridge to Sovereign Innovation », traduit cette volonté. Pour Abuja, la souveraineté numérique passe notamment par l’accès à la puissance de calcul, la formation de compétences spécialisées, la cybersécurité, la gouvernance des données et la capacité à développer des technologies localement.
Transformer un vaste potentiel en emplois
Le Nigeria dispose de plusieurs atouts pour se positionner sur ce marché. Le pays possède l’un des écosystèmes technologiques les plus développés du continent et bénéficie d’une population particulièrement jeune. Reste à transformer ces avantages en entreprises, en emplois qualifiés et en solutions capables de s’imposer sur les marchés africains et internationaux.
Le potentiel dépasse d’ailleurs les frontières nigérianes. Selon une estimation citée par les organisateurs de GITEX NIGERIA, l’intelligence artificielle pourrait générer jusqu’à 1 000 milliards de dollars de valeur économique supplémentaire en Afrique d’ici à 2035.
Les autorités nigérianes ont déjà engagé plusieurs programmes pour renforcer les compétences numériques. Le programme 3 Million Technical Talent (3MTT) aurait enregistré 1,87 million d’inscriptions dans les 774 collectivités locales du pays.
Plus de 135 000 Nigérians ont déjà été formés au cours de trois promotions. Les ressources mises à disposition au niveau communautaire ont également permis d’étendre les formations à plus de 300 000 personnes et de créer 15 000 passerelles vers l’emploi.
Pour Abuja, la prochaine étape consiste désormais à transformer cette masse de compétences en une véritable industrie technologique. L’objectif est de permettre aux talents nigérians de concevoir des solutions adaptées aux besoins du continent, tout en attirant les capitaux et les partenariats nécessaires à leur développement.
