États-Unis : trois exécutions en douze heures dans trois États

L’Oklahoma, le Tennessee et l’Alabama ont procédé le jeudi 13 août à l’exécution d’un condamné à mort chacun. Une série qui n’avait plus été observée aux États-Unis depuis janvier 2010. Selon les autorités pénitentiaires citées par l’Associated Press, ce regroupement serait le fruit d’une coïncidence de calendrier et non d’une action coordonnée entre les États.

En Oklahoma, Carlos Cuesta-Rodriguez, 70 ans, a été exécuté à McAlester à 10h13, heure locale. Il avait été condamné pour le meurtre de sa compagne, Olimpia Fisher, tuée par balles en 2003 à Oklahoma City.

La commission des grâces de l’Oklahoma avait rejeté sa demande de clémence le mois précédent. Selon des témoins cités par PBS, l’homme aurait tourné la tête vers ses proches avant d’articuler silencieusement un « je t’aime ».

Une trentaine de minutes plus tard, Anthony Darrell Hines, 66 ans, a été exécuté à Nashville, dans le Tennessee. Il avait été condamné pour le meurtre à l’arme blanche de Catherine Jean Jenkins, une employée de motel tuée en 1985.

Son fils, qu’il n’avait pas revu depuis l’âge de trois ans et qu’il avait retrouvé quelques jours avant l’exécution, était présent. Selon le commissaire du département correctionnel du Tennessee, Frank Strada, Hines aurait prononcé une dernière phrase à son attention avant sa mort.

La troisième exécution a eu lieu en soirée en Alabama. Jeremy Williams, 42 ans, a été exécuté pour le viol et le meurtre, en 2021 en Géorgie, d’une fillette de cinq ans, Kamarie Holland. Il avait été condamné après avoir, selon l’accusation, versé 2 500 dollars à la mère de l’enfant pour pouvoir accéder à la victime.

Une première depuis janvier 2010

Les États-Unis n’avaient plus connu trois exécutions le même jour depuis le 7 janvier 2010. Ce jour-là, la Louisiane, l’Ohio et le Texas avaient chacun procédé à une exécution.

Une nouvelle série de trois mises à mort avait été envisagée en 2018, mais deux des procédures avaient finalement été interrompues, laissant une seule exécution effective.

Le 13 août 2026 marque donc un regroupement exceptionnel, même si les trois États ont agi indépendamment les uns des autres.

Les recours n’ont pas empêché les exécutions

Dans le cas de Carlos Cuesta-Rodriguez, ses avocats avaient notamment mis en avant son enfance difficile à Cuba, des lésions cérébrales et un état de stress post-traumatique pour demander que sa peine soit commuée en réclusion à perpétuité. Ces arguments n’ont pas convaincu les autorités compétentes.

Pour Anthony Darrell Hines, l’exécution intervenait trois mois après l’échec d’une précédente tentative de mise à mort dans le Tennessee. La procédure avait alors été interrompue en raison de difficultés à poser une perfusion. Ses avocats avaient utilisé cet incident pour contester le protocole médical, sans obtenir gain de cause.

Les proches d’Olimpia Fisher, la victime de Cuesta-Rodriguez, ont de leur côté déclaré espérer que cette affaire puisse contribuer à prévenir les violences conjugales.

Rejoignez notre chaîne WhatsApp et recevez l’actualité en temps réel.

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires