Les automobilistes sénégalais doivent désormais composer avec une nouvelle hausse des prix à la pompe. Depuis ce samedi 15 août 2026, le litre de supercarburant est vendu à 990 francs CFA, contre 920 francs CFA auparavant. Le prix du gasoil passe quant à lui de 680 à 755 francs CFA le litre.
Cette décision, annoncée vendredi par le gouvernement, marque le retour aux tarifs appliqués avant la baisse décidée en décembre 2025.
Le 6 décembre 2025, les autorités sénégalaises avaient réduit le prix du supercarburant de 990 à 920 francs CFA et celui du gasoil de 755 à 680 francs CFA. Cette mesure visait notamment à préserver le pouvoir d’achat des ménages.
Huit mois plus tard, cette baisse est annulée. Les deux principaux carburants retrouvent donc leurs anciens tarifs. Les prix d’autres produits pétroliers, notamment le gaz domestique et le carburant destiné aux pirogues, restent pour leur part inchangés.
La flambée du pétrole met les finances publiques sous pression
Le gouvernement justifie ce réajustement par la forte progression des cours internationaux du pétrole depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le 28 février 2026.
Début août, le baril s’échangeait autour de 88 dollars, alors que le budget sénégalais pour 2026 avait été construit sur une hypothèse de 64 dollars. Cette différence pèse lourdement sur les dépenses consacrées aux subventions énergétiques.
Selon les projections communiquées par les autorités, l’État a déjà mobilisé plus de 245 milliards de francs CFA depuis le début de l’année pour soutenir les prix des carburants.
Sans le réajustement appliqué à partir du 15 août, une enveloppe supplémentaire de 47 milliards de francs CFA aurait été nécessaire entre le 15 août et le 12 septembre.
Une subvention toujours maintenue par l’État
Malgré cette hausse, le gouvernement continue de prendre en charge une partie du coût réel des carburants. Selon ses estimations, le supercarburant devrait actuellement coûter 1 019 francs CFA le litre, contre 990 francs CFA à la pompe.
Le gasoil devrait quant à lui atteindre 1 044 francs CFA, alors qu’il est vendu 755 francs CFA.
L’État continue donc d’absorber une partie de la différence afin de limiter l’impact sur les consommateurs. Cette politique représente environ 9,7 milliards de francs CFA d’économies pour les ménages sur un mois, selon les chiffres communiqués par le gouvernement.
Dakar face à une facture énergétique de plus en plus lourde
Le Sénégal avait maintenu ses prix à la pompe pendant plusieurs mois malgré la flambée des cours internationaux. D’autres pays, notamment la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso, avaient déjà procédé à des ajustements.
Les autorités sénégalaises estiment désormais que le maintien des anciens tarifs devenait trop coûteux pour les finances publiques. En l’absence de nouvelles mesures, les subventions énergétiques pourraient atteindre 1 069 milliards de francs CFA en 2026, contre seulement 250 milliards initialement prévus au budget.
Le gouvernement assure toutefois que les mécanismes sociaux, notamment la Bourse nationale de sécurité familiale, continueront d’être mobilisés pour soutenir les ménages les plus vulnérables.
L’évolution des cours mondiaux du pétrole sera désormais déterminante pour la suite de la politique des prix à la pompe au Sénégal.
