Bénin : 5 milliards de FCFA pour renforcer la résilience sanitaire dans la vallée de l’Ouémé

Le Bénin renforce son dispositif de lutte contre les effets sanitaires du changement climatique. Un financement de 5 milliards de FCFA sera consacré au projet SAP055 dans la vallée de l’Ouémé, avec pour objectif de mieux protéger les populations exposées aux crues, à la hausse des températures et aux risques sanitaires qui en découlent.

Le projet a été officiellement lancé jeudi 3 septembre 2026 à Cotonou, en présence du ministre du Cadre de vie, Georges Alé, et de son homologue de la Santé, Benjamin Hounkpatin. Financé par le Fonds vert pour le climat, le programme s’étendra sur cinq ans dans la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo. Son dossier avait été approuvé en octobre 2025.

Dans cette partie de la vallée de l’Ouémé, les populations sont régulièrement confrontées à des épisodes de crue qui peuvent durer plusieurs mois. À cela s’ajoutent la progression des températures et l’augmentation de l’humidité. Ces conditions peuvent favoriser la circulation du paludisme, accroître les infections respiratoires et aggraver les risques pour les personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires.

Pour Benjamin Hounkpatin, cette situation touche d’abord les populations les plus vulnérables. Le projet entend donc passer d’interventions ponctuelles à un dispositif capable d’anticiper les conséquences sanitaires des phénomènes climatiques.

Des centres de santé mieux équipés

Une partie des fonds servira à mettre en place un centre local de veille chargé de croiser les données climatiques et sanitaires. L’objectif est de détecter plus rapidement les situations susceptibles de favoriser l’apparition de foyers épidémiques. Le personnel de santé bénéficiera également de formations spécifiques pour mieux prendre en charge les urgences liées aux événements climatiques extrêmes.

Les formations sanitaires de la zone seront par ailleurs équipées de panneaux solaires, avec des installations destinées à renforcer l’accès à l’eau potable et à l’électricité. Du matériel biomédical doit également être fourni.

Le projet comporte enfin un volet social et préventif, avec des actions destinées à préserver les revenus des populations et à renforcer la sensibilisation des ménages face aux risques climatiques et sanitaires.

Plus de 300 000 bénéficiaires attendus

Au total, 311 700 personnes devraient bénéficier du programme. Parmi elles, 97 900 sont considérées comme bénéficiaires directs et 213 800 comme bénéficiaires indirects. Le projet affiche également un objectif environnemental avec l’ambition d’éviter l’émission de 12 494 tonnes équivalent CO₂ sur sa durée de vie.

Les communes auront un rôle important dans sa mise en œuvre. Le ministre Georges Alé a notamment appelé les élus locaux à contribuer à la diffusion des alertes climatiques, à accompagner les jardins botaniques consacrés aux plantes médicinales et à soutenir les groupements de maraîchers, composés en majorité de femmes et de jeunes.

Le SAP055 s’inscrit dans une politique plus large engagée par le Bénin pour renforcer sa résilience face au changement climatique. En août, le gouvernement a présenté sa troisième Contribution déterminée au niveau national, avec l’ambition de mobiliser 14,5 milliards de dollars d’ici 2035 pour financer des actions dans l’agriculture, l’énergie, l’eau, la santé et la protection du littoral.

Le budget national 2026 prévoit par ailleurs près de 740 milliards de FCFA de dépenses liées au climat, soit une progression de plus de 21 % sur un an.

Avec le SAP055, l’enjeu est désormais de traduire ces engagements en actions concrètes dans les territoires les plus exposés. Dans la vallée de l’Ouémé, le projet mise ainsi sur l’anticipation, la prévention et le renforcement des infrastructures sanitaires pour mieux faire face à des risques climatiques appelés à peser davantage sur la santé des populations.

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