Burkina Faso : la production d’or enregistre une hausse de 39,6 % en juin

Le Burkina Faso confirme la bonne tenue de son secteur aurifère. Au premier semestre 2026, la production industrielle d’or a atteint 26,752 tonnes, en hausse de 10,3 % sur un an. Une progression portée notamment par un mois de juin particulièrement dynamique.

Les mines industrielles ont produit 4,477 tonnes d’or en juin, contre 3,206 tonnes douze mois plus tôt. La hausse atteint 39,6 % en rythme annuel, selon la note de conjoncture économique publiée en juillet par la Direction générale des études et des statistiques sectorielles (DGEP).

Sur les six premiers mois de l’année, la production s’établit ainsi à 26,752 tonnes, contre 24,243 tonnes à la même période en 2025. Le pays a donc extrait 2,509 tonnes supplémentaires en un an.

Cette accélération permet au secteur de se rapprocher de la cible fixée par les autorités. En mars, la DGEP avait porté à 52,938 tonnes son objectif de production industrielle pour 2026.

À fin juin, le Burkina Faso en avait déjà réalisé 50,5 %, contre 47,1 % un an auparavant. La trajectoire apparaît donc plus favorable qu’en 2025, même si la performance du second semestre sera décisive pour déterminer si le pays parviendra à atteindre sa prévision.

Derrière cette hausse se joue aussi une transformation plus profonde du secteur minier. Les autorités burkinabè veulent accroître la contribution de l’or aux finances publiques et renforcer la présence de l’État dans la gestion des actifs stratégiques.

L’or, un pilier de l’économie burkinabè

Le poids du secteur explique les ambitions affichées par Ouagadougou. D’après les données communiquées à l’Assemblée législative du peuple en juin, l’activité minière représentait 14,8 % du PIB en 2023 et avait rapporté 762,7 milliards de francs CFA à l’État.

Dans ce contexte, la reprise de certains actifs miniers par les autorités constitue l’un des axes de cette nouvelle politique. Le 30 juin, l’Assemblée a approuvé un accord de prêt destiné à renforcer les capacités des mines de Boungou et de Wahgnion, toutes deux reprises par l’État et placées sous la responsabilité de la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB).

Une partie du financement doit permettre l’acquisition d’équipements d’exploitation et la construction d’une ligne électrique de 225 kV destinée à alimenter Wahgnion.

L’enjeu est aussi financier. La mine consacre actuellement plus de 3 milliards de francs CFA par mois à la location de matériel, selon les informations présentées devant les députés. En développant ses propres capacités, l’État entend réduire cette facture et améliorer les conditions d’exploitation du site.

La progression de la production aurifère intervient donc à un moment charnière pour le Burkina Faso. Alors que le pays cherche à augmenter ses volumes, il entend également mieux contrôler les ressources minières et les revenus qu’elles génèrent. Les résultats du second semestre permettront de mesurer la portée de cette stratégie.

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