En visite d’État en Côte d’Ivoire, le président guinéen Mamadi Doumbouya a annoncé l’inauguration, avant la fin de l’année, de la Nimba Gold Refinery, présentée par Conakry comme la plus grande raffinerie d’or du continent. Une infrastructure qui doit renforcer la transformation locale des ressources minières et soutenir les ambitions de souveraineté économique de la Guinée.
Depuis Abidjan, où il s’est entretenu avec son homologue ivoirien, Mamadi Doumbouya a insisté sur la nécessité de renforcer les échanges économiques entre les deux pays. Pour le chef de l’État guinéen, les économies ivoirienne et guinéenne disposent de ressources complémentaires susceptibles de favoriser une coopération plus étroite en Afrique de l’Ouest.
« Nos deux économies sont appelées à être complémentaires », a-t-il déclaré, citant notamment les terres agricoles guinéennes, le gisement de fer de Simandou, la bauxite et les futures raffineries d’alumine. Il a également mis en avant la future raffinerie d’or, dont l’inauguration est annoncée avant la fin de 2026.
Baptisée Nimba Gold Refinery, l’usine doit occuper une place centrale dans la nouvelle stratégie minière de Conakry. Selon les données communiquées en juin par la présidence guinéenne, l’installation pourrait traiter jusqu’à 2 000 kg d’or par jour dans un premier temps.
Sa capacité pourrait ensuite atteindre 4 000 kg par jour grâce à un fonctionnement continu, 24 heures sur 24. La présidence guinéenne évoque ainsi un potentiel mensuel pouvant atteindre 520 tonnes.
L’infrastructure doit également permettre la production de lingots répondant aux standards internationaux. Elle devrait par ailleurs récupérer et valoriser d’autres métaux précieux, notamment l’argent.
De l’or brut à la transformation locale
La Nimba Gold Refinery ne se limiterait pas au traitement de l’or extrait des mines guinéennes. Le site disposerait également de capacités permettant de traiter certains déchets électroniques et industriels contenant des métaux à forte valeur.
La technologie constitue un autre volet mis en avant par les autorités. Les lignes de production doivent bénéficier d’un niveau élevé d’automatisation, tandis qu’un système de traçabilité numérique doit permettre de suivre les lots tout au long du processus. Le contrôle de la qualité doit, lui aussi, être assuré en temps réel.
À travers cette infrastructure, Conakry entend surtout réduire la dépendance à l’exportation de matières premières non transformées. La raffinerie doit permettre de donner davantage de valeur aux ressources extraites sur le territoire guinéen avant leur commercialisation sur les marchés internationaux.
Cette ambition s’inscrit dans une politique minière plus large portée par Mamadi Doumbouya. Le président guinéen a notamment interdit l’exportation de l’or brut, avec l’objectif affiché de favoriser sa transformation sur le territoire national.
Au-delà du secteur aurifère, le projet révèle ainsi la volonté de Conakry de faire évoluer le modèle minier guinéen, longtemps centré sur l’exportation des ressources, vers une industrie davantage intégrée et créatrice de valeur.
