Arrêté après une brève discussion dans un taxi collectif, Seydouba Soumah a été relaxé par la justice guinéenne. Le tribunal de première instance de Kaloum a estimé que les faits qui lui étaient reprochés ne constituaient pas une infraction pénale. Le jeune homme a ainsi recouvré la liberté après un mois de détention.
L’affaire remonte au soir du 1er septembre. Seydouba Soumah se rendait chez sa petite amie à bord d’un taxi collectif lorsque le chauffeur a évoqué de possibles affrontements en Guinée dans les mois à venir.
Selon le témoignage d’un policier en civil qui se trouvait dans le véhicule, le jeune homme aurait alors répondu : « Moi aussi, j’en ai entendu parler ».
Cette phrase lui a valu des poursuites pour « tentative de trouble à l’ordre public ». Mais Seydouba Soumah a toujours contesté les faits qui lui étaient reprochés. Il soutenait que la discussion portait plutôt sur les nouvelles mesures d’austérité annoncées par le gouvernement.
À l’issue de l’examen du dossier, le président du tribunal, Mamadou Saliou Diallo, a considéré que les faits reprochés au prévenu ne constituaient pas une infraction à la loi pénale. Il a prononcé sa relaxe et ordonné sa libération.
La décision a suscité un soulagement au sein de sa famille. À la sortie du tribunal, son frère a exprimé son émotion après un mois d’attente, tout en appelant chacun à faire preuve de prudence dans ses propos en public.
Le dossier avait retenu l’attention de défenseurs des droits humains, qui dénonçaient un « climat délétère » dans le pays. L’arrestation et la détention du jeune homme avaient soulevé des interrogations sur les limites de la liberté d’expression dans les conversations ordinaires.
Avec cette décision, la justice guinéenne a estimé que les propos attribués à Seydouba Soumah ne suffisaient pas à caractériser une infraction pénale.
