Les maladies cardiovasculaires continuent de peser lourdement sur la mortalité mondiale. Selon le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) consacré aux principales causes de décès, les cardiopathies ischémiques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) restent en tête du classement en 2023.
Les cardiopathies ischémiques ont provoqué environ 9,5 millions de décès, soit 16 % de l’ensemble des décès enregistrés dans le monde. Ces maladies surviennent lorsque le rétrécissement ou l’obstruction des artères limite l’apport de sang et d’oxygène au muscle cardiaque.
Les AVC arrivent en deuxième position avec environ 6,8 millions de décès, soit 11 % de la mortalité mondiale. La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) complète le podium avec près de 3,6 millions de décès.
Les infections des voies respiratoires inférieures occupent la quatrième place avec environ 2,7 millions de décès, devant la maladie d’Alzheimer et les autres formes de démence, responsables de quelque 2,1 millions de décès.
Au total, huit des dix principales causes de décès en 2023 étaient des maladies non transmissibles. Elles ont représenté 74 % de l’ensemble des décès dans le monde, contre 58 % en 2000.
Le diabète, les cancers de la trachée, des bronches et du poumon, les cardiopathies hypertensives ainsi que les maladies rénales figurent également dans ce classement. Les maladies diarrhéiques constituent la seule autre cause infectieuse présente parmi les dix premières.
Les dix principales causes ont, à elles seules, entraîné environ 33 millions de décès, soit 54 % des quelque 61 millions de décès enregistrés dans le monde en 2023.
La démence progresse fortement
Le rapport de l’OMS met aussi en évidence la progression des décès liés à la démence. La maladie d’Alzheimer et les autres formes de démence sont devenues la cinquième cause de décès dans le monde en 2023, contre la 19e en 2000.
Le nombre de décès associés à ces maladies a ainsi triplé sur la période. Cette évolution accompagne notamment le vieillissement de la population mondiale et place les maladies neurodégénératives parmi les enjeux croissants de santé publique.
L’OMS souligne toutefois que des progrès ont été enregistrés dans plusieurs régions pour réduire le poids des cardiopathies ischémiques depuis 2000. Ces avancées restent inégales. L’organisation relève notamment une hausse du risque individuel dans les régions du Pacifique occidental et de l’Asie du Sud-Est, signe de disparités persistantes en matière de santé cardiovasculaire.
Autre enseignement du rapport, l’espérance de vie mondiale a atteint 73,3 ans en 2023. Elle se rapproche ainsi du niveau de 73,4 ans enregistré en 2019, avant la pandémie de Covid-19.
La situation est toutefois différente lorsqu’il s’agit de l’espérance de vie en bonne santé. Celle-ci s’établissait à 62,8 ans en 2023, soit 0,4 année de moins qu’en 2019.
Le rapport note par ailleurs un changement dans le classement des causes de décès. Pour la première fois depuis le début de la pandémie en 2020, la Covid-19 ne figure plus parmi les dix principales causes de mortalité dans le monde.
