C’est l’une des premières retombées de la visite de Romuald Wadagni en France. À l’occasion de son premier déplacement officiel dans l’Hexagone depuis son accession à la présidence du Bénin, le chef de l’État a vu se concrétiser plusieurs engagements dans des secteurs stratégiques. Parmi eux, la mise en place d’une capacité nationale d’expertise ADN, à travers la Plateforme de recherche, d’investigation et d’analyse médico-légale (PRIAM).
Une lettre de mandat signée avec Bpifrance ouvre les négociations autour du financement de cette infrastructure, développée avec le Laboratoire d’hématologie médico-légale de Bordeaux et soutenue par la garantie de Bpifrance Assurance Export.
Le futur laboratoire national devrait pouvoir réaliser jusqu’à 30 000 analyses ADN par an. Le projet vise également une accréditation internationale selon la norme ISO/IEC 17025, qui encadre les exigences de compétence et de fiabilité des laboratoires d’essais et d’analyses.
Pour Cotonou, l’enjeu dépasse la construction d’une nouvelle infrastructure. Il s’agit de renforcer une capacité scientifique directement utile à la justice, alors que certaines analyses génétiques à valeur probante doivent encore être réalisées à l’étranger.
Le projet prévoit la formation de plus de 500 professionnels ainsi que la création d’une filière universitaire dédiée. Le Bénin entend ainsi accompagner l’investissement matériel par la constitution d’un vivier de spécialistes capables d’assurer le fonctionnement et la relève de cette future plateforme.
Identification de victimes, recherche de filiation ou exploitation d’éléments scientifiques dans les enquêtes judiciaires, les applications de l’expertise ADN sont nombreuses. Avec PRIAM, le pays cherche donc à renforcer simultanément son appareil judiciaire et ses capacités scientifiques.
Ce financement ne se limite pas à une enveloppe. Il traduit l’un des axes forts de la coopération entre Cotonou et Paris. Accompagner les infrastructures par le transfert de compétences et la création de capacités durables.
