Près de six ans après la mort de Diego Maradona, son équipe médicale est au cœur d’un procès en Argentine. Jeudi, le procureur Patricio Ferrari a requis des peines allant de 4 à 12 ans de prison contre six professionnels de santé chargés de suivre les derniers jours de la légende du football. L’accusation dénonce une prise en charge désorganisée, voire chaotique, qui aurait laissé le joueur à l’abandon.
Devant le tribunal de San Isidro, au nord de Buenos Aires, le procureur a distingué deux catégories d’accusés. Il a retenu contre trois d’entre eux la qualification d’homicide avec dol éventuel, qui suppose que les personnes mises en cause aient accepté un risque mortel en connaissance de cause. Pour les trois autres, il a demandé des peines au titre de l’homicide involontaire.
Jusqu’à 12 ans de prison pour le neurochirurgien
La peine la plus lourde a été requise contre Leopoldo Luque, le neurochirurgien de 44 ans considéré à l’époque comme le médecin de confiance de Maradona et l’un des principaux décideurs de son entourage médical. Le procureur réclame 12 ans de prison, assortis d’une interdiction d’exercer la médecine pendant dix ans.
Nancy Forlini, coordinatrice médicale du prestataire privé chargé des soins, encourt dix ans de prison. La psychiatre Agustina Cosachov, qui suivait également l’ancien joueur, fait l’objet d’une réquisition de huit ans d’emprisonnement.
Pour ces trois professionnels, Patricio Ferrari a notamment dénoncé « l’absence de mesures correctives, après avoir anticipé le risque (pour Maradona) et l’avoir accepté avec indifférence ».
Trois autres membres de l’équipe médicale sont visés par des réquisitions moins lourdes. Le procureur a demandé cinq ans de prison contre le psychologue Carlos Diaz, et quatre ans contre le coordinateur infirmier Mariano Perroni ainsi que l’infirmier Ricardo Almiron.
En revanche, aucune peine n’a été requise contre Pedro di Spagna, un médecin extérieur à l’équipe qui n’avait rendu visite à Maradona qu’une seule fois durant sa convalescence. Selon le procureur, le procès a démontré qu’il n’avait « pas de responsabilité pénale dans cette affaire ».
Une mort survenue pendant sa convalescence
Diego Maradona est mort à l’âge de 60 ans, le 25 novembre 2020. Il avait été retrouvé sans vie dans son lit, en fin de matinée, dans une résidence louée à Tigre, au nord de Buenos Aires, où il se remettait d’une intervention neurochirurgicale considérée comme bénigne.
La star argentine est décédée d’une crise cardiorespiratoire associée à un œdème pulmonaire. Le procès vise à déterminer si des manquements dans sa prise en charge ont contribué à sa mort et si les professionnels concernés doivent en répondre pénalement.
Les audiences consacrées aux réquisitions et aux plaidoiries ont débuté jeudi et devraient se poursuivre sur deux semaines. Le tribunal rendra sa décision ultérieurement. Les peines réclamées par le parquet ne constituent donc pas, à ce stade, des condamnations.

