Nobel de la paix 2026 à Navi Pillay : Washington annonce de nouvelles sanctions contre la CPI

L’attribution ce 09 octobre du prix Nobel de la paix 2026 à l’ancienne juge sud-africaine Navi Pillay vient couronner un parcours engagé, sur fond de bras de fer autour de la justice internationale. Dans la foulée, les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI), accusée par l’administration de Donald Trump de menacer la souveraineté américaine.

Et pour cause, la lauréate du Nobel de la paix 2026, Navi Pillay, 85 ans, s’était attiré l’ire des autorités israéliennes en 2025, lorsque la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, qu’elle dirigeait, avait conclu à un « génocide » dans la bande de Gaza.

Une prise de position qui n’est pas sans lien avec la nouvelle salve de sanctions américaines. En effet, le département d’État justifie celles-ci par la nécessité de « défendre la souveraineté américaine et ses citoyens contre la menace que représente la Cour pénale internationale ».

Le secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé l’interdiction des transactions avec la juridiction, qu’il a qualifiée de « tribunal voyou ». Cette mesure s’inscrit dans la campagne de pression menée par Donald Trump contre une institution dont les décisions judiciaires ont suscité l’hostilité de Washington.

Selon Marco Rubio, les sanctions visent à priver la Cour de ressources et à réduire sa capacité à fonctionner. Leur entrée en vigueur est prévue dans un délai de 180 jours, sauf accord entre les parties. Le calendrier pourrait être révisé en fonction de l’évolution des discussions.

Certaines activités demeurent toutefois exemptées, notamment des services informatiques, le fonctionnement du système de retraite de la Cour et certaines opérations liées aux personnes détenues.

Washington affirme avoir privilégié la voie diplomatique, mais estime que ni la CPI ni ses États parties n’ont répondu à ses préoccupations. Marco Rubio a averti que les États-Unis poursuivraient leur offensive si aucun changement n’intervenait.

La réaction de La Haye a été ferme. Dans un communiqué, la Cour a dénoncé une attaque contre l’État de droit et les fondements de l’ordre juridique international. Elle estime que les sanctions portent atteinte au principe selon lequel nul ne doit être au-dessus des lois.

Sa présidente, Tomoko Akane, a assuré que l’institution continuerait à exercer son mandat en toute indépendance et impartialité, sur la base du droit et des éléments de preuve. La Cour entend poursuivre son travail au bénéfice des victimes des crimes les plus graves.

Elle a également appelé ses 125 États membres à défendre son indépendance. Pour la juridiction, l’enjeu dépasse désormais ses capacités financières et opérationnelles. Il concerne sa faculté d’enquêter et de poursuivre sans subir de pressions politiques.

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