À Cotonou, le 12 octobre, la rentrée solennelle 2026-2027 de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a permis au procureur spécial, Elonm Mario Metonou, de rappeler les exigences de la justice pénale. Il a plaidé pour une répression efficace, dans le respect des droits fondamentaux. Selon lui, la lutte contre la criminalité économique et le terrorisme doit aussi tenir compte de la dimension humaine des affaires judiciaires.
« La première des libertés, c’est la sécurité », a déclaré le procureur spécial. Il a évoqué les menaces auxquelles le Bénin fait face, notamment la grande corruption, la cybercriminalité et le terrorisme dans les départements du Nord. Il a souligné que la protection des citoyens constitue une condition essentielle au fonctionnement de la démocratie et au respect du droit.
Créée par la loi du 2 juillet 2018, la CRIET occupe une place dans le dispositif judiciaire béninois consacré à la répression des infractions économiques et du terrorisme. Elonm Mario Metonou a mis en avant son action contre les réseaux criminels, la confiscation des produits d’activités illicites et la lutte contre l’impunité.
Le procureur spécial a également présenté le bilan de la juridiction comme un indicateur de la capacité de l’État à faire respecter les règles communes. La lutte contre la criminalité reste, selon lui, nécessaire à la protection de la sécurité publique et des intérêts de la collectivité.
Préserver la dimension humaine de la justice
Le thème de cette rentrée solennelle, « Humaniser la justice pénale : entre protection des droits humains et efficacité répressive », a placé la question de l’équilibre entre sanction et respect de la dignité humaine au cœur des échanges.
Elonm Mario Metonou a mis en garde contre le risque d’une justice qui s’habitue à la souffrance des justiciables et réduit son travail à une succession de procédures. Il a notamment alerté sur la tendance à traiter les dossiers comme de simples statistiques, sans accorder suffisamment d’attention aux personnes concernées et aux conséquences des décisions judiciaires.
« Plus le glaive est affûté, plus le bras qui le manie doit être habité par la sagesse », a-t-il affirmé. Par cette formule, le procureur spécial a souligné la nécessité d’une justice guidée par la mesure et le sens des responsabilités.
Pour Elonm Mario Metonou, la CRIET doit conserver sa capacité à sanctionner les infractions tout en veillant au respect des droits humains. L’efficacité de la répression ne doit donc pas se faire au détriment des principes qui encadrent l’action judiciaire.
La rentrée solennelle 2026-2027 a ainsi placé au premier plan un enjeu de taille, celui de concilier la fermeté de la réponse pénale et le respect de la dignité humaine.

