Après huit mois dans l’espace, Sophie Adenot raconte ce qui l’a le plus éprouvée sur Terre

Après près de huit mois passés dans la Station spatiale internationale (ISS), l’astronaute française Sophie Adenot retrouve progressivement ses capacités physiques. Lors d’une conférence de presse virtuelle depuis le Centre européen des astronautes, à Cologne, elle est revenue sur les difficultés de son retour sur Terre, ses sorties extravéhiculaires et les expériences scientifiques menées en orbite.

« Je me sens très bien, je suis très contente de vous voir », a déclaré Sophie Adenot face aux journalistes. Son état semblait s’être nettement amélioré depuis son arrivée sur Terre, lorsqu’elle avait éprouvé des difficultés à se déplacer.

L’astronaute a reconnu que les premières 24 heures après son retour avaient été difficiles. Elle a toutefois assuré que son organisme récupérait rapidement. Des examens complémentaires, notamment sur son équilibre, étaient encore prévus dans les jours suivants.

Pendant la rentrée atmosphérique, les occupants de la capsule Crew Dragon ont subi une accélération qui peut aller jusqu’à quatre fois la gravité terrestre, sur une durée de plusieurs minutes. Au cours de cette phase, les repères habituels disparaissent et les fortes contraintes physiques compliquent le retour à la normale.

Sophie Adenot a expliqué que les connaissances acquises en yoga l’avaient aidée à gérer cette étape en se concentrant sur sa respiration. Elle a également décrit le déploiement des parachutes comme l’un des moments les plus difficiles, en raison du choc ressenti et des mouvements moins prévisibles de la capsule.

Les conditions en mer, au large de la Californie, ont ensuite compliqué son rétablissement. Selon ses explications, les mois passés en apesanteur modifient notamment la répartition du volume sanguin et peuvent perturber l’équilibre au retour sur Terre.

« Je suis avant tout une aviatrice, et pas quelqu’un de la mer ! », a-t-elle lancé avec humour, en évoquant le soulagement ressenti lorsqu’elle a rejoint l’hélicoptère.

Des sorties extravéhiculaires marquantes

Malgré les difficultés du retour, Sophie Adenot garde un souvenir positif de son séjour à bord de l’ISS. Les sorties extravéhiculaires figurent parmi les expériences qui l’ont le plus marquée.

Lors de sa deuxième sortie, elle a dû emprunter un itinéraire qui n’avait pas été utilisé depuis 2009, dans des conditions inédites. Face à cette situation, elle a dû adapter sa préparation initiale. Elle a notamment raconté le moment où, au bord de la station, elle s’est retrouvée avec la Terre pour seul horizon.

L’astronaute a également évoqué les nombreuses expériences scientifiques réalisées en orbite, notamment celles consacrées aux effets de l’apesanteur sur le corps humain. Certaines portent sur les pertes de masse musculaire et de densité osseuse observées lors des séjours prolongés dans l’espace.

Les premiers résultats recueillis restent préliminaires et doivent encore être étudiés. Sophie Adenot a néanmoins signalé des observations qui, dans certaines parties du corps, semblent aller à l’encontre de résultats jusque-là connus.

Interrogée sur la possibilité de retourner dans l’espace, notamment à bord de l’ISS, Sophie Adenot n’a pas fermé la porte à une nouvelle mission. Elle a expliqué avoir fait ses adieux à la station, tout en soulignant que le calendrier de sa fin d’exploitation restait incertain.

Quant à un éventuel voyage vers Mars, l’astronaute estime que plusieurs défis technologiques restent à relever, dont la maîtrise de la gravité artificielle. Une mission vers la planète rouge n’est donc pas envisageable dans l’immédiat.

Pour l’heure, les résultats des expériences menées pendant son séjour doivent encore être analysés. Ils pourraient contribuer à améliorer la compréhension des effets des longs séjours dans l’espace sur le corps humain.

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