Nouveau blocage dans la procédure judiciaire visant Alghassimou Diallo en Guinée. La Cour des chambres réunies de la Cour suprême a renvoyé sine die, ce vendredi 16 octobre 2026, l’audience de l’ancien procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn, connu pour son rôle dans le procès des événements du 28 septembre 2009.
La décision est prise au lendemain du retrait des avocats de la défense. Jeudi 15 octobre, ces derniers avaient annoncé la suspension de leur participation aux débats pour protester contre la procédure en cours, compromettant ainsi la poursuite de l’audience.
À l’ouverture de l’audience, le président de la Cour, Ibrahima Sory 1 Tounkara, a demandé à Alghassimou Diallo s’il était en mesure d’assurer seul sa défense et de répondre aux questions de la juridiction.
L’ancien magistrat a invoqué les dispositions légales qui rendent obligatoire l’assistance d’un avocat dans les affaires criminelles.
« J’ai cru comprendre, selon les charges qui ont été énumérées par le greffier, qu’il s’agit d’une affaire criminelle. Or, selon la loi, la présence d’un avocat est obligatoire en matière criminelle. Je dois être assisté par un conseil au cours de mon procès », a-t-il déclaré à la barre.
Il a ensuite demandé à pouvoir rencontrer ses avocats afin d’échanger avec eux sur les conditions d’une éventuelle reprise de leur participation.
« Lors de l’audience d’hier, mes avocats avaient annoncé leur suspension et, à ce jour, je ne me suis pas encore concerté avec eux. Permettez-moi de me concerter avec mes conseils pour voir dans quelle mesure il leur sera possible de revenir assurer ma défense », a-t-il sollicité.
Le parquet soutient la demande
Le ministère public a appuyé la demande de l’accusé. Le procureur général, Sidy Souleymane N’diaye, a rappelé que le droit guinéen exige la présence d’un avocat pour toute personne poursuivie pour des faits criminels.
Au nom du respect des droits de la défense, il a demandé à la Cour d’accorder du temps à Alghassimou Diallo pour échanger avec ses conseils. Il s’est également engagé à faciliter l’accès des avocats à leur client dans son lieu de détention, afin de favoriser la reprise du dialogue.
Après avoir entendu les différentes parties, le président Ibrahima Sory 1 Tounkara a ordonné le renvoi de l’affaire sine die, c’est-à-dire sans fixer de nouvelle date d’audience.
Cette décision doit permettre à Alghassimou Diallo de rencontrer ses avocats et de tenter de les convaincre de reprendre leur participation aux débats. La reprise du procès dépend désormais de l’évolution des discussions entre l’accusé et ses conseils.

