« Plus loin, ensemble ». Le slogan du président béninois Romuald Wadagni résume l’ambition affichée de son mandat qui est de faire en sorte que les fruits de la croissance profitent au plus grand nombre. Depuis son investiture, le 24 mai 2026, les premières décisions de son gouvernement accordent une place importante à la santé, à l’éducation, à la protection sociale et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
En quelques mois, plusieurs mesures ont été annoncées ou engagées. Dans le secteur de la santé, la prise en charge systématique des urgences vitales dans les hôpitaux publics doit permettre aux patients dont le pronostic vital est engagé de recevoir des soins sans condition préalable. Une dotation d’un milliard de francs CFA a été prévue pour renforcer les stocks d’intrants nécessaires à cette prise en charge.
Dans le domaine de l’éducation, la gratuité de la scolarité dans l’enseignement secondaire général et technique public a été étendue aux filles, à compter de la rentrée scolaire 2026-2027. Le gouvernement a également mobilisé 20 milliards de francs CFA pour accélérer l’accès à l’eau potable et à l’électricité dans les établissements publics qui en sont dépourvus. Une enveloppe de 10 milliards de francs CFA est, par ailleurs, prévue pour les centres de santé publics qui ne disposent pas encore de ces services essentiels.
L’action sociale s’étend aussi à l’enseignement supérieur. En septembre, 63 bus ont été mis en service pour faciliter les déplacements des étudiants dans douze villes du pays. À la rentrée 2026-2027, d’autres mesures ont été annoncées, notamment l’augmentation du nombre de bénéficiaires des cantines scolaires, avec un objectif de 1,9 million d’écoliers, ainsi que des dispositions en faveur des étudiants en situation de handicap.
Sur le front économique, les producteurs agricoles figurent également parmi les bénéficiaires des mesures annoncées. Des subventions spécifiques ont été instituées pour soutenir plusieurs filières, notamment le riz, le coton, le soja et l’anacarde. Dans les marchés modernes, des mesures de réduction de certaines redevances ont également été annoncées afin d’alléger les charges des commerçants.
L’accès au logement constitue un autre volet de cette politique. Le 7 octobre, le Conseil des ministres a approuvé un assouplissement des conditions d’accès aux logements sociaux. Les fonctionnaires et agents publics peuvent désormais être concernés quel que soit leur niveau de revenu, tandis que les ménages du secteur privé, notamment les commerçants, les artisans et les salariés, sont intégrés aux bénéficiaires potentiels.
La protection sociale concerne également les Aspirants au métier d’enseignant (AME). Le gouvernement a opté pour un recrutement direct sur titre, sans imposer aux intéressés un nouveau concours de sélection. Cette mesure ouvre la voie à leur reversement dans le statut d’Agent contractuel de droit public des collectivités territoriales décentralisées (ACDPCTD).
Ce changement de statut doit leur permettre de bénéficier d’une meilleure protection sociale, notamment grâce à la continuité de leur affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Il facilite également leur accès aux financements bancaires, un levier important pour la réalisation de projets personnels. Au-delà de la régularisation administrative, cette décision vise ainsi à améliorer les conditions professionnelles et sociales de ces enseignants.
La protection des ménages vulnérables reste, elle aussi, au cœur des orientations gouvernementales. Le programme de filets sociaux GBESSOKÉ, les dispositifs d’assurance maladie et les initiatives d’autonomisation des populations fragiles figurent parmi les mécanismes appelés à être poursuivis ou renforcés.
Ces décisions traduisent une volonté de rapprocher l’action publique des préoccupations quotidiennes des citoyens. Mais au-delà des annonces, l’enjeu sera celui de leur mise en œuvre effective, de leur accessibilité et de leurs résultats sur le terrain.
Car, pour les Béninois, la portée sociale de ce mandat se mesurera à des changements concrets, à savoir pouvoir se soigner sans être freiné par l’urgence financière, maintenir les filles à l’école, accéder à l’eau et à l’électricité, soutenir les activités génératrices de revenus et trouver un logement adapté à ses moyens.
Le cap est affiché. Reste désormais à inscrire ces mesures dans la durée et à faire en sorte que personne ne reste au bord du chemin.
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