France : Moody’s pourrait abaisser la note de la dette française ce vendredi

La France pourrait subir une nouvelle dégradation de sa note souveraine. L’agence de notation Moody’s devrait annoncer ce vendredi une éventuelle révision à la baisse de la note de la dette française, selon les prévisions de plusieurs économistes. Une telle décision rapprocherait l’évaluation de l’agence américaine de celles de Standard & Poor’s et de Fitch, qui ont déjà abaissé leur notation.

Actuellement fixée à Aa3, assortie d’une perspective négative, la note de la France traduit une dette considérée comme étant de bonne qualité, mais exposée à un risque de dégradation. Moody’s pourrait la ramener à A1, un niveau correspondant à celui auquel les deux autres grandes agences évaluent déjà le pays.

Toutefois, aucune décision officielle n’avait encore été annoncée au moment de la publication des informations. L’agence pourrait aussi maintenir sa notation dans l’attente de précisions sur le budget français de 2027, actuellement examiné par le Parlement.

Les finances publiques françaises restent au cœur des inquiétudes. Le déficit public s’est établi à 5,1 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025 et pourrait atteindre 5,4 % en 2026, avant de revenir à 5 % en 2027, selon les projections citées dans les informations disponibles.

À ces déséquilibres budgétaires s’ajoute le poids de la dette publique. Celle-ci pourrait atteindre 121,7 % du PIB en 2027, un niveau supérieur à celui de la plupart des pays de l’Union européenne bénéficiant d’une notation comparable ou inférieure chez Moody’s, à l’exception de l’Italie et de la Grèce.

Les conditions de financement de l’État constituent également un point de vigilance. Selon les données rapportées dans l’article source, le taux d’emprunt français à dix ans a dépassé le seuil de 5 % le mercredi précédant l’annonce attendue, une première depuis 2002. Parallèlement, l’écart entre les taux français et allemands, appelé « spread », aurait atteint son niveau le plus élevé depuis 2011.

Le budget 2027 au centre des incertitudes

Une éventuelle dégradation de la note souveraine pourrait refléter les inquiétudes des marchés et des agences de notation face à la trajectoire des finances publiques françaises. Une note moins favorable peut notamment peser sur les conditions auxquelles un État emprunte, même si l’évolution des taux dépend de plusieurs facteurs.

Deux scénarios restent envisagés. Dans le premier, Moody’s abaisserait la note à A1 tout en conservant une perspective négative, signalant la possibilité d’une nouvelle dégradation. Dans le second, l’agence maintiendrait sa notation actuelle afin d’évaluer plus précisément les orientations budgétaires à venir.

L’examen du budget 2027 apparaît ainsi comme une étape importante. Les choix du gouvernement en matière de dépenses, de recettes et de réduction du déficit pourraient peser sur l’appréciation de la solvabilité française.

La hausse des taux d’intérêt alimente par ailleurs les inquiétudes concernant la charge de la dette. Dans son éditorial du jeudi 22 octobre, l’économiste Marc Touati a alerté sur l’évolution des intérêts versés par l’État, estimant que leur remboursement pourrait bientôt dépasser les recettes issues de l’impôt sur le revenu.

Cette perspective souligne l’enjeu auquel sont confrontées les finances publiques françaises, à savoir contenir l’endettement tout en maîtrisant le coût de son financement. La décision attendue de Moody’s pourrait apporter un nouvel éclairage sur la confiance de l’agence dans la capacité de la France à redresser durablement sa trajectoire budgétaire.

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