La Guinée entend convertir l’intérêt des investisseurs britanniques en projets concrets. À l’issue de la cinquième édition du UK-West and Central Francophone Africa Trade and Investment Forum (WCAF V), l’enveloppe d’investissement du Royaume-Uni dans le pays est passée de 1,8 à 2,7 milliards de livres sterling, soit environ 3 milliards de dollars. Une progression que Conakry accueille favorablement, alors que le programme Simandou 2040 doit servir de moteur à la transformation économique du pays.
Pour Ismaël Nabé, ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement durable, cette hausse traduit la confiance accordée aux perspectives économiques guinéennes. « Cette progression constitue un signal de confiance dans les perspectives économiques de la Guinée et dans les opportunités offertes par notre programme de transformation Simandou 2040 », a-t-il déclaré à la clôture du forum.
Mais l’augmentation de l’enveloppe ne constitue qu’une première étape. Pour les autorités guinéennes, l’enjeu réside désormais dans la capacité à transformer les engagements annoncés en investissements effectifs, susceptibles de soutenir la production nationale et de créer de nouvelles opportunités économiques.
Des promesses aux projets
Le gouvernement guinéen entend orienter cette coopération vers le développement du secteur privé, le renforcement des capacités productives et le transfert de compétences. Autant de leviers jugés essentiels pour inscrire les investissements étrangers dans la durée.
« Elle ouvre des perspectives renforcées de coopération économique et nous confie une responsabilité : transformer cette ambition d’investissement en projets concrets, en capacités productives et en transferts de compétences », a insisté Ismaël Nabé.
Le ministre a également fixé trois priorités pour la suite du partenariat avec Londres : concrétiser les projets évoqués durant le forum, faciliter le transfert de technologies et renforcer l’intégration économique régionale.
« À l’issue de ce forum, je voudrais proposer trois engagements pour la suite. Premièrement, transformer les échanges en projets concrets. Deuxièmement, faire du partenariat avec le Royaume-Uni un partenariat de capacités, en favorisant notamment le transfert de technologies. Troisièmement, inscrire les projets dans une ambition régionale, en renforçant les corridors, les chaînes de valeur et les complémentarités économiques », a-t-il détaillé.
La BAD et UK Export Finance à la manœuvre
Au-delà des annonces liées à la Guinée, Ismaël Nabé a salué la signature d’un accord stratégique entre la Banque africaine de développement (BAD) et UK Export Finance. Cette initiative doit rapprocher les mécanismes de financement des exportations des besoins de développement des économies africaines.
Selon le ministre, ces engagements montrent qu’il faut construire des partenariats économiques axés sur des résultats concrets, et non sur de simples déclarations d’intention.
« Ces deux annonces illustrent précisément ce que nous voulons construire : un partenariat qui dépasse les intentions, rapproche les moyens des besoins et fait de l’investissement un véritable levier de transformation », a-t-il affirmé.
Simandou 2040 à l’épreuve des résultats
La fin du WCAF V ouvre désormais une phase décisive pour la Guinée, celle du suivi des engagements, de la mobilisation des financements et de la mise en œuvre des projets annoncés. C’est à l’aune de ces réalisations que pourront être évaluées les retombées du partenariat britannique sur l’économie nationale et les conditions de vie des populations.
« Le véritable rendez-vous commence maintenant, à travers les échanges qui se poursuivront entre investisseurs et gouvernements, les projets qui seront approfondis, les financements qui seront mobilisés et les réalisations dont nos populations pourront constater les effets », a conclu Ismaël Nabé.
Reste donc à transformer les 2,7 milliards de livres sterling annoncés en investissements effectifs. Un défi de taille pour Conakry, qui entend faire de Simandou 2040 un levier de développement économique et de renforcement des capacités nationales.
