L’affaire défraie la chronique judiciaire. Un tradipraticien installé à Bohicon affirme avoir déboursé 45 millions de FCFA entre 2018 et 2026 dans l’espoir d’obtenir le portefeuille de la Culture. Deux hommes, un agent de l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) et un administrateur culturel, sont poursuivis pour escroquerie dans cette affaire devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).
Le dossier a été examiné le jeudi 29 octobre 2026 devant la chambre correctionnelle. Seul le plaignant a été entendu au cours de cette audience, ouverte à 17 h 38, selon Bip Radio. Âgé de moins de 40 ans et domicilié à Bohicon, il se présente comme un militant de l’Union progressiste le Renouveau (UPR) à Savalou.
Dans sa déposition, l’homme est revenu sur les circonstances qui l’auraient conduit à verser de l’argent aux deux prévenus. L’affaire aurait débuté par l’intermédiaire d’un ami qu’il avait soigné. Pour le remercier, celui-ci lui aurait proposé de le mettre en contact avec un individu surnommé « Caïman », présenté comme un proche du chef de l’État et susceptible de faciliter son entrée dans les milieux politiques. Cette première démarche n’aurait toutefois pas abouti.
Le tradipraticien affirme avoir ensuite rencontré l’un des prévenus. Ce dernier lui aurait assuré entretenir des relations avec les deux enfants de l’ancien président Patrice Talon. Le plaignant dit avoir acheté plusieurs cadeaux à leur intention. Il aurait par la suite été présenté au second mis en cause, qui se serait présenté comme un conseiller de l’ancien chef de l’État.
Des versements sur huit ans
Au cours d’une rencontre à Cotonou, ce dernier lui aurait fait croire que son profil intéressait le président et qu’une nomination au ministère de la Culture était envisageable. Il lui aurait cependant expliqué qu’il devait d’abord obtenir le soutien de certains conseillers.
Le plaignant affirme avoir remis une première somme de 2,5 millions de FCFA. D’autres paiements auraient suivi au fil des années, entre 2018 et 2026, pour atteindre un montant total de 45 millions de FCFA.
La nomination espérée n’ayant jamais eu lieu, le tradipraticien dit avoir fini par se considérer comme victime d’une escroquerie et a saisi la justice.
À l’issue de cette première audience consacrée à sa déposition, la Criet a renvoyé l’affaire au 3 décembre 2026. Les deux prévenus devront répondre des faits qui leur sont reprochés dans la suite de la procédure.
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