Bénin : les prix des bovins s’envolent sur les marchés à bétail

Au Bénin, les marchés à bétail ont connu des dynamiques contrastées au cours du mois de mars 2026. Tandis que le commerce des bovins a enregistré une nette progression, porté par une hausse simultanée de l’offre, de la demande et des prix, les segments des petits ruminants ont affiché un ralentissement. C’est ce que révèle le dernier Bulletin mensuel du Système d’Information sur les Marchés à Bétail (Sim-Bétail), publié par la Cellule Technique de Suivi et d’Appui à la Gestion de la Sécurité Alimentaire (Ct-Sagsa).

Portés par les besoins accrus liés au Ramadan et la forte présence des commerçants venus de la sous-région, les marchés bovins ont connu une embellie notable. Selon le rapport, les quantités offertes ont progressé de 1 %, tandis que les ventes ont augmenté de 2 % par rapport au mois de février. Sur un an, la tendance est encore plus marquée, avec une hausse de 59 % de l’offre et de 53 % de la demande.

Plusieurs marchés ont particulièrement bénéficié de cette dynamique, notamment ceux de Kétou, Avokanzoun dans la commune de Djidja, Gogounou, Kolokondé à Djougou et Tchaourou, où l’affluence des acheteurs a fortement augmenté.

Cette reprise s’est accompagnée d’une flambée des prix. En moyenne, les bovins ont enregistré une hausse de 8 % entre février et mars 2026. Toutes les catégories sont concernées : les bœufs ont vu leur prix grimper de 5 %, les génisses de 7 %, les taureaux de 10 %, les taurillons de 9 %, les vaches de 8 % et les veaux de 7 %. Les prix oscillent désormais entre 104 000 F CFA pour un veau et 438 000 F CFA pour un taureau. Le marché de Tchaourou affiche le meilleur taux de vente avec 91 %, tandis que Nikki reste en retrait avec seulement 35 %.

À l’inverse, les marchés des ovins et des caprins ont connu un ralentissement de leurs activités. L’offre d’ovins a reculé de 3 % et la demande de 7 %, en raison notamment de la baisse de fréquentation des commerçants étrangers venus du Nigeria, du Togo, du Ghana et de la Côte d’Ivoire. La décision du Niger, prise le 2 mars 2026, d’interdire l’exportation des animaux d’élevage a également pesé sur les échanges régionaux.

Malgré cette baisse d’activité, les prix des ovins sont restés relativement stables, tandis que ceux des caprins ont légèrement progressé. Dans le même temps, le prix de la viande bovine poursuit sa hausse, atteignant en moyenne 2 320 F CFA le kilogramme, contre 2 605 F CFA pour la viande ovine.

Le bulletin note enfin une amélioration des conditions commerciales pour les éleveurs. En mars, la vente d’un bouc permettait d’acheter 2,3 sacs de maïs de 100 kg, contre seulement 1,3 un an plus tôt, une évolution favorisée par la baisse du prix du maïs.

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