La Confédération africaine de football (CAF) a renouvelé, jeudi, son soutien à Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football (FIFA), dont la position reste fragilisée par la controverse autour de son projet, désormais abandonné, d’ouverture du capital commercial de l’organisation à des investisseurs privés.
Réuni en comité exécutif, l’organe dirigeant du football africain a salué les excuses formulées la veille par le dirigeant italo-suisse. Dans un communiqué, la CAF indique qu’elles ont été « accueillies favorablement ».
Tout en rappelant que « le respect de la gouvernance, des procédures régulières et de la transparence est essentiel et non négociable », la CAF a confirmé sa confiance envers Gianni Infantino.
Son président, Patrice Motsepe, a défendu cette position et offre au patron de la FIFA un appui de poids au moment où l’instance traverse l’une des plus importantes crises institutionnelles de ces dernières années.
L’UEFA maintient la pression
Cette position contraste avec celle de Union des associations européennes de football, qui a confirmé le maintien de son boycott des compétitions organisées par la FIFA, y compris les Coupes du monde.
Si l’abandon du projet de privatisation répond à l’une de ses principales revendications, l’instance européenne estime que les garanties apportées restent insuffisantes. Elle réclame des engagements formels afin qu’une telle initiative ne puisse plus être envisagée et affirme avoir perdu confiance dans la présidence de Gianni Infantino.
Son président, Aleksander Čeferin, bénéficie du soutien de Association européenne des clubs, dirigée par Nasser Al-Khelaïfi.
Plusieurs fédérations retirent leur soutien
Plusieurs fédérations européennes, dont celles de la Finlande, de la Suède, du Danemark, de la Serbie et du pays de Galles, ont déjà annoncé qu’elles ne soutiendraient pas Gianni Infantino lors de l’élection présidentielle de 2027. Selon la presse britannique, la Fédération anglaise aurait également retiré son appui, sans confirmation officielle.
La Confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes s’est aussi opposée au président de la FIFA. L’organisation critique l’absence de concertation autour du projet de privatisation et réclame une réforme en profondeur de la gouvernance de l’instance mondiale. Son président, Victor Montagliani, figure parmi les personnalités citées pour succéder à Gianni Infantino.
Un soutien africain décisif
Élu à la tête de la FIFA en 2016 et, pour l’heure, seul candidat déclaré à sa réélection, Gianni Infantino devra obtenir la majorité des voix des 211 fédérations membres lors du congrès électif prévu en mars 2027.
Dans cette bataille, l’appui de la CAF revêt une importance particulière. Avec ses 54 fédérations affiliées, la confédération africaine constitue le deuxième bloc électoral de la FIFA, derrière les 55 membres de l’UEFA. Ce soutien renforce temporairement la position du président sortant, même si la crise actuelle met en lumière des divisions inédites entre les grandes confédérations continentales et ouvre une période d’incertitude pour la gouvernance du football mondial.
