CDC Bénin : les nouvelles pistes de Maryse Lokossou pour financer les grands projets

La Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin veut accroître ses ressources afin de mieux accompagner les investissements de long terme. Lors de la rencontre « Media on Spot », tenue le 24 septembre 2026 à Cotonou, la directrice générale Maryse Lokossou a présenté les résultats de l’institution et plusieurs pistes pour renforcer son modèle de financement.

La CDC Bénin entend consolider sa capacité à mobiliser des ressources et à les orienter vers des projets structurants. Son modèle repose sur un principe simple, faire correspondre la durée des ressources disponibles avec celle des investissements financés. La Caisse s’appuie notamment sur les ressources de la Caisse nationale de sécurité sociale, qui constituent une source importante d’épargne longue.

Pour réduire sa dépendance à certaines sources de financement, la CDC explore de nouvelles possibilités. L’institution travaille notamment sur DIASDEV, un dispositif destiné à mobiliser l’épargne de la diaspora béninoise. Des études ont été menées sur les profils et les attentes des Béninois de l’extérieur afin d’adapter les futurs produits aux différents marchés.

La Caisse envisage également d’autres mécanismes, notamment la gestion de fonds pour le compte de tiers. Cette activité permettrait à des institutions publiques ou privées de lui confier temporairement des ressources avant leur utilisation.

La performance financière demeure également un indicateur important. La CDC Bénin a enregistré près de 18 milliards de francs CFA de résultat net en 2025. Ce résultat revient à l’État, qui détient l’intégralité du capital de l’institution.

Des fonds propres avant les crédits bancaires

La CDC Bénin cherche aussi à faciliter l’accès des projets structurants au financement bancaire. Elle privilégie notamment les prises de participation et les mécanismes de quasi-fonds propres.

Dans certains projets industriels de la Zone industrielle de Glo-Djigbé, la Caisse apporte ainsi une partie des fonds propres nécessaires à la constitution du tour de table. Les banques peuvent ensuite financer une partie du projet sous forme de dette.

Pour les projets privés, la CDC cible des opérations structurées, dotées d’un modèle économique et de perspectives de rentabilité. Les projets doivent notamment relever de secteurs stratégiques et représenter un investissement d’au moins 5 milliards de francs CFA. Sa participation peut atteindre 20 % du coût total d’un projet, tandis que sa détention directe dans le capital est plafonnée à 25 %.

Miser davantage sur les projets déjà opérationnels

Un autre défi concerne la maturité des projets soumis à la Caisse. Une part importante des dossiers porte sur des projets nouveaux, dits « greenfield ». Leur rentabilité reste difficile à évaluer avec précision, notamment en raison des retards de construction ou des écarts entre les prévisions et les résultats réels.

La CDC souhaite donc développer davantage son portefeuille de projets déjà opérationnels, appelés « brownfield ». Ces dossiers offrent une meilleure visibilité sur les revenus et les perspectives de rendement.

Cette orientation comporte toutefois ses propres contraintes. Certains promoteurs hésitent à ouvrir leur capital à de nouveaux investisseurs. La présence d’une institution publique implique aussi des exigences supplémentaires en matière de gouvernance et de transparence.

À travers cette stratégie, la CDC Bénin veut renforcer sa contribution au financement de l’économie tout en évitant de se substituer aux banques ou de créer des déséquilibres sur des marchés où les entreprises privées sont déjà actives. Créée en 2018 et opérationnelle depuis 2020, l’institution entend ainsi poursuivre sa mission de mobilisation de l’épargne et de financement des investissements de long terme.

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