Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara mécontent, recadre son gouvernement

C’est un signal fort envoyé par le chef de l’État ivoirien. Lors du Conseil des ministres du 29 avril, Alassane Ouattara a retiré deux projets de revalorisation salariale, qu’il juge inadaptés à la situation économique actuelle.

Au cœur de ce recadrage figurent deux textes portés par le ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, Adama Kamara. Ces réformes prévoyaient une hausse du salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig), fixé depuis 2022 à 75 000 F CFA, ainsi que du salaire minimum agricole garanti (Smag), actuellement établi à 39 960 F CFA.

Selon plusieurs sources, Alassane Ouattara s’est montré particulièrement irrité que ces propositions aient franchi l’étape du Conseil de gouvernement dirigé par le Premier ministre Robert Beugré Mambé, sans qu’un examen plus approfondi de leurs implications économiques n’ait été mené. Le chef de l’État a finalement décidé de retirer les deux textes, estimant qu’ils intervenaient à un moment délicat pour l’économie nationale.

Si la Côte d’Ivoire continue d’afficher une croissance soutenue, l’exécutif reste préoccupé par plusieurs facteurs de fragilité. Parmi eux figurent les tensions géopolitiques internationales, notamment les répercussions économiques du conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, qui alimentent l’incertitude sur les marchés mondiaux et la volatilité énergétique.

Le secteur agricole, pilier de l’économie ivoirienne, fait également face à des difficultés. La baisse prolongée des cours mondiaux du cacao pèse sur les revenus des producteurs, déjà confrontés à des stocks importants et à une baisse de rentabilité.

En privé, Alassane Ouattara aurait multiplié ces dernières semaines les critiques envers plusieurs membres de son équipe gouvernementale, qu’il juge insuffisamment préparés sur certains dossiers sensibles. Le président déplore, notamment des arbitrages internes jugés trop superficiels sur des questions économiques majeures.

Ce recadrage apparaît ainsi comme un signal fort envoyé à l’ensemble du gouvernement et témoigne de la volonté du chef de l’État de garder un contrôle étroit sur les décisions économiques stratégiques.

Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici. 

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires