C’est un soutien de taille qu’Abidjan vient de décrocher. La Côte d’Ivoire a officiellement signé un accord de 167 milliards de francs CFA avec la Millennium Challenge Corporation (MCC), l’agence de coopération américaine. Une manne financière qui va servir à financer des infrastructures et des réformes destinées à accélérer le développement économique du pays.
L’obtention d’un financement du MCC est loin d’être accessible à tous. Seuls les pays que les États-Unis considèrent comme vertueux (sur les plans de la démocratie, de la bonne gouvernance, de la liberté économique et de la justice sociale) sont sélectionnés. Cet accord est donc un signal fort. En effet, la Côte d’Ivoire est perçue comme un modèle de stabilité et de sérieux dans la gestion des affaires publiques.
Concrètement, les fonds seront injectés dans des secteurs prioritaires du Programme national de développement (PND), à savoir les transports, l’énergie, la formation technique et le commerce. « Ce projet va à la fois renforcer les capacités locales et moderniser les infrastructures », a expliqué Adama Coulibaly, ministre ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget.
Ce n’est pas tout. Le ministre a également annoncé la signature d’un autre accord, cette fois avec le groupe américain ABD, pour un montant de 500 millions d’euros. Ces fonds iront à la santé, à l’éducation et à l’hydraulique.
Ce rapprochement massif intervient dans un contexte géopolitique particulier. Alors que les relations avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont refroidies, les États-Unis choisissent de renforcer leur présence en Côte d’Ivoire, tant sur le plan sécuritaire que développemental. Un message implicite est ainsi envoyé aux pays sahéliens qui ont tourné leur regard vers Moscou.

