La Guinée entend renforcer la transformation locale de ses ressources minières. Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a inauguré, dimanche 1er novembre 2026, la raffinerie d’or Nimba Gold Refinery, dans la commune de Gbessia, à Conakry. Cette infrastructure doit permettre au pays de raffiner une partie de son or sur son territoire et de mieux capter la valeur ajoutée issue de son exploitation.
La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre, Amadou Oury Bah, du ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement et de représentants du secteur minier.
Prenant la parole, le ministre des Mines et de la Géologie a présenté cette inauguration comme une étape importante pour l’économie guinéenne. Bouna Sylla a rappelé que, pendant des années, le pays a exporté son or à l’état brut, sans tirer pleinement profit des revenus liés à son raffinage.
« Depuis des siècles, la Guinée exploite et exporte son or à l’état brut. Si notre pays figure parmi les importants producteurs d’or en Afrique de l’Ouest, la valeur ajoutée générée par le raffinage ne profitait pas à notre économie. Aujourd’hui, cette époque est révolue », a-t-il déclaré.
Selon le ministre, la nouvelle installation doit favoriser la création d’emplois, le développement des compétences locales et l’augmentation des revenus issus de l’exploitation aurifère. Le projet s’inscrit également dans la vision du programme Simandou 2040, qui fait de la transformation locale un axe du développement économique national.
Bouna Sylla a par ailleurs évoqué l’ambition de faire de la Guinée un centre régional de transformation des ressources minières. Il a aussi annoncé que l’État prévoit d’acheter en francs guinéens jusqu’à 30 % de la production des sociétés aurifères industrielles et semi-industrielles, conformément aux dispositions en vigueur. Cette mesure doit notamment contribuer au renforcement des réserves de change de la Banque centrale.
Une capacité annoncée de 733 tonnes par an
Au nom de Nimba Gold Refinery, Moussa Magassouba a salué l’ouverture de cette infrastructure, qu’il a présentée comme un projet stratégique pour l’industrialisation du pays. Il a défendu la nécessité pour la Guinée de ne plus se limiter à l’extraction de ses ressources, mais de développer les équipements et les compétences nécessaires à leur transformation sur place.
Selon ses déclarations, la raffinerie dispose d’une capacité annuelle de 733 tonnes. À 50 % de son potentiel nominal, elle pourrait générer un flux financier annuel estimé à 4,5 milliards de dollars.
Moussa Magassouba a également mis en avant les retombées attendues en matière d’emploi et de formation. L’entreprise entend, selon lui, créer des postes qualifiés et durables, transmettre des compétences techniques aux jeunes Guinéens et renforcer la traçabilité de la filière aurifère.
Avec cette inauguration, les autorités guinéennes affichent leur volonté de développer une industrie locale autour de l’or. Les effets économiques réels du projet dépendront toutefois de sa capacité à atteindre les volumes annoncés et à générer les retombées attendues pour le pays.
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