Mali : l’État renforce sa participation dans le projet aurifère de Kobada

Bamako poursuit sa stratégie de renforcement de la participation publique dans le secteur minier. Réuni le 28 août sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret précisant les modalités de participation de l’État au capital de la société Mines de Kobada-SA.

Le texte concerne le projet d’exploitation du gisement aurifère de Kobada, situé dans le cercle de Kangaba, dans la région de Koulikoro. La société Mines de Kobada-SA a été constituée à la suite de l’attribution à TouBani Resources Mali-SARL d’un permis d’exploitation d’or et de substances minérales du groupe 2.

Selon les nouvelles dispositions, l’État malien et les investisseurs nationaux détiendront ensemble 35 % du capital de la société. Cette participation se décompose en trois volets : 10 % attribués gratuitement et non diluables, 20 % supplémentaires souscrits en numéraire et 5 % réservés aux investisseurs nationaux.

Cette configuration s’inscrit dans le cadre du Code minier adopté en 2023 et de la législation sur le contenu local. Elle intervient également après plusieurs négociations entre les autorités et les entreprises impliquées dans le projet, qui ont abouti à la signature d’un protocole d’accord sur les conditions de sa poursuite.

La gestion de la participation publique sera confiée à la Société du Patrimoine minier du Mali. Le décret doit notamment préciser les modalités de détention et de gestion des parts revenant à l’État.

Bamako veut davantage de retombées locales

À travers cette nouvelle architecture capitalistique, les autorités maliennes cherchent à accroître la part de la valeur créée par l’exploitation des ressources minières qui revient à l’économie nationale.

Le projet de Kobada s’inscrit ainsi dans la volonté affichée par Bamako de revoir les conditions d’exploitation des ressources minières, en renforçant à la fois la participation de l’État et la place des investisseurs nationaux.

Au-delà des recettes fiscales, l’enjeu pour les autorités est désormais de faire du secteur aurifère un levier plus important de financement de l’économie et de développement du contenu local.

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