Bénin : le gouvernement lance un nouveau programme de réhabilitation des pistes rurales

Le désenclavement des zones de production agricole se poursuit au Bénin. À travers le Programme régional d’intégration des marchés agricoles (Prima-Bénin), le gouvernement prévoit la réhabilitation et l’aménagement de 118,677 kilomètres de pistes rurales dans plusieurs départements. Le coût prévisionnel de cette opération est estimé à 4,7 milliards de francs CFA, avec un financement du Fonds international de développement agricole (Fida).

Le projet vise à améliorer la circulation des personnes et des marchandises dans plusieurs zones de production. Il doit aussi faciliter l’évacuation des récoltes vers les marchés et renforcer les échanges commerciaux avec les pays voisins. La Société des infrastructures routières et de l’aménagement du territoire (Sirat Sa) assurera la mise en œuvre des travaux.

Le programme cible plusieurs bassins agricoles répartis dans différentes régions du pays. Dans le Sud-Ouest, le Couffo et le Zou totalisent environ 32,16 kilomètres de pistes à aménager ou à réhabiliter.

Dans la commune d’Aplahoué, la piste Hélétoumey-Laougan figure parmi les axes retenus, sur une longueur d’environ 11,9 kilomètres. À Dogbo, les travaux concernent notamment l’axe Tokpota Hinou-Agbédranfo Centre.

Plusieurs tronçons sont également prévus à Klouékanmey. Il s’agit notamment des axes Kpévidji Centre-Agbohoué, Tokanmé Mouton-Tokanmé Kpodji et Selanhoué-Lomimé. Dans le Zou, la commune de Covè bénéficiera aussi de travaux sur les axes Tohougodohoué-Dékandji et Azéhounholi-Nouveau Domaine.

Les Collines et la Donga au cœur du programme

Dans le Centre et le Nord-Ouest du Bénin, les départements des Collines et de la Donga concentrent environ 58,93 kilomètres de travaux. Les communes de Djidja, Dassa-Zoumè, Savalou, Djougou et Ouaké figurent parmi les localités concernées. Plusieurs pistes agricoles doivent faire l’objet d’une réhabilitation ou d’un aménagement afin d’améliorer la desserte des zones rurales.

Pour les producteurs, l’enjeu concerne notamment l’évacuation des récoltes. L’état des pistes rurales peut en effet influer sur les délais et les conditions de transport des produits agricoles vers les centres de consommation et les marchés.

Le département de l’Alibori bénéficie également de cette opération. À Malanville, près de 27,59 kilomètres de pistes sont programmés. Le projet prévoit notamment des interventions sur les axes Tounga Léida Wanda Garou, Garou Tédji-Alakakéinin, Dèguèdègue-Baniloua-Wanzankouara Bodjécali et Kotchi-Sikantéré/Galiel-Kotchi.

Le choix de plusieurs de ces axes répond aussi à la nécessité d’améliorer la liaison entre les zones de production et les circuits commerciaux. Le nord du Bénin occupe une place importante dans les échanges agricoles avec les pays voisins, notamment le Niger et le Nigeria.

Un enjeu au-delà des routes

Au-delà de l’amélioration de l’état des pistes, le Prima-Bénin poursuit un objectif économique. La réhabilitation de ces voies doit réduire les difficultés de déplacement dans les zones rurales et faciliter l’accès des producteurs aux marchés.

Une meilleure desserte peut aussi contribuer à réduire les contraintes liées au transport des récoltes, notamment pendant les périodes où les conditions de circulation deviennent difficiles.

Le programme s’inscrit ainsi dans une logique d’intégration des marchés agricoles. En renforçant les liaisons entre les bassins de production, les centres de consommation et certains corridors régionaux, les travaux doivent soutenir les échanges entre le Bénin et ses voisins.

Avec une enveloppe prévisionnelle de 4,7 milliards de francs CFA, le projet représente donc un investissement important dans les infrastructures rurales. Les 118,677 kilomètres ciblés doivent contribuer à améliorer la mobilité des populations, la circulation des marchandises et l’accès des producteurs aux débouchés commerciaux.

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