Maroc : les exportations de tomates vers l’Afrique suspendues

Le Maroc a décidé de suspendre temporairement ses exportations de tomates vers les marchés africains. Cette mesure, annoncée jeudi par des responsables du secteur et une source gouvernementale, vise à garantir l’approvisionnement du marché national et à faire baisser les prix pour les consommateurs.

Cette décision répond à une inflation galopante sur le prix des tomates au Maroc. La baisse de la production dans le Souss-Massa, principale région productrice du pays, ainsi que l’augmentation des coûts des engrais et du carburant ont contribué à cette situation.

Le président de la Fédération des exportateurs de fruits et légumes frais du Maroc (FIFEL), Lahoucine Aderdour, a confirmé à Reuters que les exportateurs qui approvisionnent les marchés africains avaient été informés de la suspension. Il n’a toutefois pas fourni davantage de précisions sur ses modalités.

Une mesure temporaire pour privilégier le marché intérieur

Une source gouvernementale a présenté cette décision comme une mesure temporaire destinée à mieux organiser le marché national. Les exportations vers les pays africains devraient reprendre prochainement, a-t-elle assuré.

Les ventes à destination des marchés européens ne sont toutefois pas concernées. Selon la même source, les tomates exportées vers l’Europe, qui se vendent à des prix plus élevés, bénéficient d’une exemption.

Le Maroc figure parmi les principaux fournisseurs de tomates de l’Union européenne, dont il est le deuxième exportateur. Son marché africain reste, en revanche, relativement limité.

Cette suspension s’inscrit dans une politique déjà appliquée ces dernières années par Rabat. Le royaume a, à plusieurs reprises, restreint les exportations de certains produits agricoles frais afin de préserver les stocks destinés à la consommation nationale.

La souveraineté alimentaire au cœur des priorités

Interrogé jeudi sur cette décision, le porte-parole du gouvernement, Samir Belfquih, n’a pas confirmé directement le gel des exportations. Il a toutefois rappelé que l’exécutif accordait la priorité à la « souveraineté alimentaire » du pays.

La semaine dernière, le ministre des Finances, Fouzi Lekjaa, avait annoncé une volonté de mieux encadrer les exportations de produits alimentaires afin de contribuer à la baisse des prix.

Le gouvernement maintient par ailleurs les subventions au transport pour limiter les coûts de distribution. Il prévoit également la création de sociétés régionales chargées de la distribution des produits alimentaires. L’objectif est de réduire le nombre d’intermédiaires et, à terme, le prix payé par les consommateurs.

Malgré ces tensions sur le marché intérieur, les exportations agricoles marocaines poursuivent leur progression. Elles ont atteint 33,1 milliards de dirhams, soit environ 3,4 milliards de dollars, au cours des neuf premiers mois de l’année, en hausse de 4,3 % sur un an.

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