Le Burkina Faso prend une place croissante dans les activités du Port autonome de Cotonou. Depuis 2025, près d’un million de tonnes de marchandises ont transité par la plateforme béninoise à destination du pays enclavé, principalement des hydrocarbures. Une évolution qui traduit une recomposition des flux commerciaux dans la sous-région.
Ces chiffres ont été présentés par Kévin Potier, directeur commercial du Port autonome de Cotonou, lors de la deuxième édition de Média Connect, organisée les 1er et 2 octobre 2026 à Cotonou.
Le Port de Cotonou conserve une position stratégique dans les échanges de l’Afrique de l’Ouest. Selon les données communiquées par les autorités béninoises, environ 90 % des échanges extérieurs du Bénin passent par cette infrastructure. Le port contribue également de manière importante aux recettes fiscales nationales.
Son rôle dépasse toutefois les frontières béninoises. Grâce à sa position géographique, il constitue l’une des principales portes d’entrée maritimes pour les pays sans accès à la mer, notamment le Burkina Faso et le Niger.
En 2025, le trafic global du Port autonome de Cotonou a atteint 14,7 millions de tonnes, contre 9,6 millions en 2024. Cela représente une progression de 52 % sur un an, selon les données du port reprises dans le rapport d’exécution du budget 2025.
Sur l’ensemble du trafic, 39,2 % correspondait au transit. Le Burkina Faso représentait à lui seul 16 % de ces flux.
Le Niger change de circuit
Cette montée en puissance du Burkina Faso intervient dans un contexte de transformation des échanges avec le Niger. Depuis la crise liée à la fermeture de la frontière entre les deux pays en juillet 2023, les flux classiques en provenance ou à destination du Niger ont fortement évolué.
Le Niger n’a toutefois pas complètement disparu de l’activité portuaire béninoise. Le pays utilise désormais la plateforme de Sèmè-Podji, située à une vingtaine de kilomètres de Cotonou, pour l’exportation de son pétrole brut.
Près de 4,3 millions de tonnes de brut y auraient été traitées l’année dernière, avec une part importante provenant du Niger. Le changement est donc davantage celui d’un déplacement des circuits que d’une disparition totale du Niger des activités liées au Port de Cotonou.
Cotonou renforce son rôle régional
Cette recomposition des flux confirme la volonté du Port autonome de Cotonou de consolider sa position comme plateforme logistique régionale. Le Nigeria figure désormais parmi les principaux marchés desservis par le port, derrière le Burkina Faso dans les flux de transit évoqués par sa direction commerciale.
Pour les responsables du PAC, l’évolution du trafic illustre surtout la capacité de la plateforme béninoise à s’adapter aux changements économiques et géopolitiques de la sous-région.
La deuxième édition de Média Connect a précisément permis au Port autonome de Cotonou d’échanger avec les médias sur ces transformations et sur les perspectives de développement de la plateforme portuaire.

