Le gouvernement de la République démocratique du Congo a acté un retour en force du nationalisme commercial en encadrant strictement l’accès aux activités de petit commerce. Selon le décret entré en vigueur le 30 avril 2026, les activités de proximité (kiosques, marchés, commerce ambulant ou encore épiceries) sont désormais exclusivement réservées aux citoyens congolais.
Le commerce de détail suit la même logique. Pharmacies, boutiques et magasins ne seront plus accessibles aux opérateurs étrangers, sauf exceptions encadrées.
Certaines activités restent toutefois ouvertes aux capitaux étrangers, mais sous conditions strictes. Sont concernés les secteurs dits « à forte intensité de capital », comme les supermarchés, les concessionnaires automobiles ou encore l’hôtellerie.
Le commerce de gros demeure également accessible, à condition de ne pas cumuler les fonctions de grossiste et de détaillant.
Cette réforme réactive un cadre juridique ancien, déjà appliqué dans les années 1970, qui réservait le petit commerce aux nationaux avant d’être progressivement abandonné. Le ministère de l’Économie nationale justifie ce choix par la nécessité de protéger les opérateurs locaux, souvent fragilisés par la concurrence étrangère dans les activités à faible capital.
Le gouvernement met en avant un enjeu central qui est l’emploi. Dans un pays où le travail informel domine et où les jeunes peinent à accéder à des revenus stables, la protection des petits commerçants apparaît comme une réponse politique à une pression sociale croissante.
Reste désormais la mise en œuvre concrète, avec un délai de six mois accordé aux opérateurs pour se conformer aux nouvelles règles. Un test décisif pour l’équilibre entre ouverture économique et protection du tissu local.
