Sénégal : économistes et experts réunis à Dakar pour explorer des alternatives à la gestion de la dette

Face à une dette publique jugée préoccupante, le Sénégal cherche de nouvelles voies pour sortir de l’impasse financière. Des économistes et experts venus d’Afrique et d’Asie se sont réunis à Dakar, lundi 11 mai, dans le cadre d’un forum consacré aux solutions alternatives au traitement de la dette, à la veille d’une conférence à laquelle doit participer le Premier ministre Ousmane Sonko.

L’objectif affiché par les organisateurs est de proposer des approches durables et progressistes face aux politiques d’austérité généralement recommandées par des institutions comme le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale. La rencontre, initiée par le think tank Réseau Idées Afrique (IDAN), rassemble des spécialistes favorables à un modèle de développement plus souverain et moins dépendant des recettes classiques des bailleurs internationaux.

Parmi les pistes évoquées figure la restructuration de la dette, un mécanisme qui consiste à renégocier les conditions de remboursement lorsqu’un pays peine à honorer ses engagements. Mais cette option ne convainc pas tous les participants. Pour l’économiste sénégalais Demba Moussa Dembélé, les solutions proposées depuis plusieurs décennies par le FMI ont montré leurs limites.

« Cela fait plus de 45 ans que le FMI est présent au Sénégal, avec des politiques d’austérité qui ont souvent aggravé les difficultés économiques au lieu de les résoudre », estime le chercheur.

D’autres propositions ont également émergé lors des échanges. Certains experts recommandent un renforcement des recettes fiscales tout en encourageant l’investissement productif, à l’image de certaines stratégies adoptées au Kenya. D’autres défendent une annulation partielle de la dette jugée « illégitime », à travers une action collective des pays du Sud.

Le président du think tank Legs Africa, Elimane Haby Kane, cite l’exemple de l’Uruguay, qui a réussi à réduire drastiquement une partie de sa dette grâce à un processus de négociation ciblé.

Au-delà des solutions techniques, plusieurs intervenants insistent sur la nécessité de sortir le débat du champ politique. Pour le sociologue Ibrahima Niang, enseignant à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, il est essentiel que les experts puissent éclairer les décisions publiques dans un climat apaisé.

Les conclusions de cette conférence, attendues d’ici le 13 mai, pourraient servir de base de réflexion aux autorités sénégalaises, engagées dans un délicat exercice de redressement budgétaire.

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