Bénin : ce message envoyé à Pascal Tigri pourrait coûter cher à un lieutenant-colonel

Un lieutenant-colonel des Forces armées béninoises a comparu ce lundi 22 juin 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) dans le cadre de l’affaire liée à la tentative de coup d’État déjouée en décembre 2025. L’officier est poursuivi pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État » après l’envoi d’un message WhatsApp adressé à Pascal Tigri, présenté comme le principal instigateur du projet de putsch.

Au cœur du dossier figure un message envoyé dans un groupe WhatsApp qui réunit plusieurs officiers militaires. Selon l’accusation, le lieutenant-colonel y aurait écrit : « Félicitations Mr le Président » au matin des événements du 7 décembre 2025, alors que les autorités faisaient face à une tentative de déstabilisation des institutions.

À la barre, le prévenu a reconnu être l’auteur du message, tout en rejetant toute adhésion au projet des putschistes. Plaidant non coupable, il a expliqué avoir agi dans un climat de confusion et de peur. Selon son témoignage, plusieurs indices lui avaient laissé croire que le coup de force avait réussi, notamment l’absence de réponse de certains hauts responsables militaires qu’il tentait de joindre ainsi que la présence d’un véhicule blindé près de son domicile.

L’officier a affirmé avoir craint pour sa vie. Il a indiqué que Pascal Tigri le considérait comme un militaire favorable au pouvoir en place et qu’il redoutait d’être arrêté ou pris pour cible. Dans ce contexte, le message incriminé aurait été envoyé dans le seul but de se protéger face à une situation qu’il pensait déjà consommée.

Une version soutenue par la défense qui estime que le geste du prévenu relevait davantage d’un réflexe de survie que d’un soutien aux auteurs du coup d’État. Son avocat a notamment souligné que l’officier est resté en fonction durant les six mois ayant suivi les événements, sans chercher à quitter le territoire ou à se soustraire à la justice.

La décision de la CRIET est désormais attendue pour déterminer si ce message constitue une apologie d’un crime contre la sûreté de l’État ou s’il s’agit d’un acte isolé commis sous l’effet de la panique dans un contexte d’extrême incertitude.

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