Au Bénin, la Cour constitutionnelle a proclamé les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 12 avril 2026. Sans surprise, Romuald Wadagni, dauphin du président sortant Patrice Talon, remporte le scrutin avec 94,27 % des suffrages exprimés, aux côtés de sa colistière Mariam Chabi Talata. Le ticket de l’opposition, mené par Paul Hounkpè (Forces Cauris pour un Bénin émergent), obtient 5,73 % des voix.
Le taux de participation s’élève à 63,55 %, en nette progression par rapport aux 50 % enregistrés lors de la dernière présidentielle en 2021. Ce chiffre traduit une mobilisation citoyenne plus forte, portée par une campagne pacifique et festive, mais aussi par les appels au vote des centrales syndicales et de plusieurs figures de l’opposition ralliées à la mouvance présidentielle.
Une large coalition derrière Wadagni
Au-delà du score, c’est l’ampleur du rassemblement politique autour du nouveau président qui frappe. Outre les partis de la majorité (Bloc Républicain, Union progressiste, Moele Bénin), plusieurs formations d’opposition dont l’aile d’Éric Houndété des Démocrates, ont apporté leur soutien à Wadagni, de même que les centrales syndicales. Une configuration qui lui confère une assise nationale solide pour entamer son mandat.
Fort de cette légitimité écrasante, Romuald Wadagni, 49 ans, hérite d’un double défi. Il devra à la fois poursuivre les réformes engagées par Patrice Talon et imprimer sa propre marque. Les attentes des Béninois sont nombreuses. L’emploi des jeunes, l’amélioration du système de santé, la lutte contre la vie chère et le renforcement de la sécurité dans le nord du pays figurent parmi les priorités.
La Cour constitutionnelle a procédé à la transmission des résultats définitifs aux différentes parties prenantes, à savoir les candidats, le président Patrice Talon et la Commission électorale nationale autonome. L’investiture du nouveau président devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. Le Bénin s’apprête à tourner une page pour en ouvrir une autre, placée sous le signe de « l’unité nationale » promise par Romuald Wadagni.

