Le lancement de l’Eco et la mise en place effective de la force antiterroriste régionale figurent parmi les priorités de Dakar à la tête de la Commission de la CEDEAO. À quelques jours de l’entrée en fonction du général Birame Diop, le président Bassirou Diomaye Faye a passé en revue ces dossiers avec lui.
Le chef de l’État sénégalais a reçu jeudi 27 août au Palais de la République le général Birame Diop, qui prendra les commandes de la Commission de la CEDEAO le 1er septembre. Les deux hommes ont notamment évoqué les grands chantiers que Dakar entend porter durant son mandat.
Depuis juillet, le Sénégal préside la Commission, l’organe exécutif permanent de l’organisation régionale, pour quatre ans. Le pays dispose également de la présidence tournante de la Conférence des chefs d’État, actuellement exercée par Bassirou Diomaye Faye.
Parmi les dossiers prioritaires figure le projet de monnaie commune ouest-africaine. Lors du sommet de Freetown, son lancement a été annoncé pour 2027, avec une mise en œuvre progressive pour les États respectant les critères de convergence.
Le chantier est piloté par le président ivoirien Alassane Ouattara. Dakar entend également améliorer le recouvrement des prélèvements communautaires et faciliter davantage la circulation des personnes et des marchandises entre les États membres.
Une force antiterroriste à rendre opérationnelle
La sécurité régionale occupe l’autre grande place dans l’agenda sénégalais. Le président Faye et le général Diop ont discuté de l’opérationnalisation de la brigade antiterroriste de la CEDEAO, dans un contexte marqué par la persistance de la menace jihadiste dans plusieurs pays de la région.
La force régionale, confrontée depuis plusieurs années à des difficultés de financement et de coordination, doit encore franchir plusieurs étapes avant de devenir pleinement opérationnelle.
Pour Dakar, l’enjeu est de redonner à la CEDEAO des capacités communes face aux menaces sécuritaires, alors que l’organisation a perdu le Mali, le Burkina Faso et le Niger, désormais réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel.
La Guinée-Bissau au cœur de la médiation
La situation politique en Guinée-Bissau figure également parmi les dossiers suivis par la nouvelle équipe dirigeante. La CEDEAO a désigné le Sénégal comme facilitateur dans ce dossier.
Le général Birame Diop a assuré que la Commission accompagnerait Dakar afin d’« anticiper » les évolutions et d’agir de manière « pragmatique et efficace ».
À partir du 1er septembre, l’ancien ministre sénégalais des Forces armées et ex-conseiller militaire du secrétaire général de l’ONU devra donc traduire ces orientations en actes. Un premier bilan est attendu lors du prochain sommet de la CEDEAO, prévu en décembre 2026.
