Au Bénin, une partie des conducteurs de minibus communément appelés « tokpa-tokpa » a lancé, depuis le lundi 13 juillet 2026, un mouvement de grève à Cotonou et dans certaines zones environnantes. À l’origine de cette mobilisation, un différend avec le Centre national de sécurité routière (CNSR) autour de la délivrance des visites techniques obligatoires.
Le mouvement, qui ne concerne pas l’ensemble des transporteurs du secteur, affecte plusieurs lignes de transport collectif. Depuis son déclenchement, de nombreux usagers éprouvent des difficultés à rejoindre leurs lieux de travail, notamment aux heures de pointe, marquées par une forte affluence dans les points d’embarquement.
Selon Abraham Agbowakounou, secrétaire général de l’Organisation des conducteurs de taxi-ville des communes du Bénin (OCTVC-Bénin) et représentant du Syndicat national des conducteurs de taxi-ville du Bénin, la contestation porte sur les conditions d’obtention de la visite technique, a-t-il expliqué au micro d’un média local.
À l’en croire, plusieurs minibus utilisés pour le transport des passagers se voient refuser la validation de leur contrôle technique en raison de modifications effectuées après leur achat. Ces transformations concernent notamment l’aménagement intérieur des véhicules, avec des changements au niveau des sièges destinés à augmenter la capacité d’accueil.
Le responsible syndical précise toutefois que les principales organisations syndicales du secteur n’ont pas officiellement appelé à cette grève.
Des usagers pénalisés
Sur le terrain, les effets du mouvement se font déjà sentir. Dans plusieurs quartiers de Cotonou, des files d’attente importantes ont été constatées aux arrêts habituels des « tokpa-tokpa ». Faute de véhicules disponibles, plusieurs voyageurs ont dû se rabattre sur d’autres moyens de transport, souvent plus coûteux.
Très utilisés dans la capitale économique, les « tokpa-tokpa » jouent un rôle essentiel dans la mobilité quotidienne des populations. Leur réseau dessert Cotonou ainsi que plusieurs localités périphériques, facilitant les déplacements des travailleurs, étudiants et commerçants.
Du côté du CNSR, l’institution confirme l’existence d’un différend avec certains conducteurs. Georges Anagonou, responsable de la communication du Centre, explique que la difficulté provient principalement des modifications apportées aux véhicules.
« Généralement, les véhicules sont modifiés, ce qui ne permet pas de connaître leur poids exact pour les orienter dans la visite technique. Le CNSR leur a alors demandé de s’entendre avec l’ANaTT sur le poids des véhicules avant la visite technique », a-t-il indiqué.
Les conducteurs ne sont pas concernés par ces problèmes de conformité continuent, pour leur part, d’assurer normalement le service. Le bras de fer entre transporteurs et autorités met une nouvelle fois en lumière les enjeux liés à la sécurité routière et à la régularisation du transport collectif urbain au Bénin.
