La réponse de La Havane ne s’est pas fait attendre. Après la publication par Donald Trump d’une carte présentant Cuba, le Mexique, le Canada, le Groenland, l’Islande et plusieurs territoires des Caraïbes sous les couleurs américaines, le président cubain Miguel Díaz-Canel a réaffirmé la souveraineté de son pays. Sans citer directement son homologue américain, il a assuré que Cuba ne redeviendrait « jamais » une colonie.
« Cuba, qui connaît bien ce que signifie avoir été une colonie et une néocolonie de deux empires, sait clairement qu’elle ne le redeviendra jamais », a écrit le dirigeant cubain sur X. Il a également averti que l’indépendance, la souveraineté et l’autodétermination de l’île seraient défendues « jusqu’aux dernières conséquences ».
La déclaration fait suite à la publication, lundi, par Donald Trump d’une carte sans légende sur son réseau Truth Social. L’image, qui semble avoir été générée ou retouchée numériquement, représente une vaste partie de l’Amérique du Nord, de l’Amérique centrale et des Caraïbes recouverte par le drapeau américain. Cuba y apparaît comme intégrée aux États-Unis.
Si le président américain n’a fourni aucune explication accompagnant cette publication, celle-ci intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et La Havane. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a durci la pression économique exercée contre Cuba et multiplié les déclarations hostiles au régime communiste.
Le gouvernement cubain fait de son côté de la souveraineté nationale un axe central de sa réponse à Washington. Le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez a également réagi à la carte de Trump, sur un ton ironique, dénonçant les ambitions géographiques affichées par le président américain.
La confrontation ne se limite pas aux déclarations. Washington a récemment renforcé ses sanctions contre Cuba, alors que l’île traverse une grave crise économique et énergétique, marquée notamment par des pénuries de carburant et des coupures d’électricité. Début septembre, l’administration Trump a encore ciblé plusieurs responsables et entreprises cubains dans le cadre de sa politique de pression maximale.
Cette escalade ravive une querelle de longue date. Cuba a été sous domination espagnole pendant près de quatre siècles avant de passer sous occupation militaire américaine à la fin du XIXe siècle. Devenue officiellement indépendante en 1902, l’île est néanmoins restée fortement dépendante de Washington jusqu’à la révolution menée par Fidel Castro en 1959.
Pour Miguel Díaz-Canel, cette histoire constitue précisément la ligne rouge à ne pas franchir. La Havane entend présenter toute tentative de reprise de contrôle ou d’ingérence américaine comme un retour à une époque que la révolution cubaine affirme avoir définitivement enterrée.
