En Espagne, le gouvernement de Pedro Sánchez entend répondre à la hausse des difficultés d’accès au logement en Espagne. Après des négociations tendues entre les deux formations de la coalition, le Parti socialiste (PSOE) et Sumar, l’exécutif a annoncé ce mardi 29 septembre une série de mesures destinées à renforcer la protection des locataires.
En effet, le premier prévoit notamment de prolonger jusqu’en 2030 les protections contre les expulsions pour les personnes vulnérables, de faciliter la prolongation de certains contrats de location jusqu’à la fin de 2028 et de renforcer la régulation des locations saisonnières et des chambres. Le gouvernement souhaite également empêcher les fonds d’investissement dits « fonds vautours » d’acquérir des logements jusqu’en 2028.
Un second texte porte sur le renouvellement automatique des contrats de location, une revendication défendue par les organisations de locataires. Les deux dispositifs doivent être soumis au Parlement, où le gouvernement ne dispose pas d’une majorité assurée.
Ces annonces sont faites après l’expulsion de Maricarmen Abascal, une Madrilène de 87 ans qui vivait dans son logement depuis environ 70 ans. Son départ forcé, après le rachat de l’appartement par une société immobilière, a suscité une vague d’indignation et relancé le débat sur les difficultés d’accès au logement.
Depuis plusieurs jours, des militants et des manifestants occupent la Puerta del Sol, au cœur de Madrid. Ils dénoncent la spéculation immobilière et réclament des garanties supplémentaires pour les locataires. Des mobilisations ont également été signalées dans d’autres villes espagnoles.
Les fonds d’investissement et les plateformes de location touristique de courte durée, comme Airbnb, sont particulièrement visés par les protestataires. Ces derniers leur reprochent de contribuer à la hausse des loyers et de réduire l’offre de logements accessibles aux habitants.
Le ministre de la Présidence, Félix Bolaños, a salué l’accord conclu au sein de la coalition, le présentant comme une avancée pour les locataires et les petits propriétaires. Du côté des associations, l’annonce a été accueillie favorablement, mais les représentants des locataires attendent de connaître précisément le contenu des textes.
L’adoption des mesures reste incertaine. Dans un Parlement fragmenté, le gouvernement devra obtenir le soutien d’autres formations politiques pour faire valider ses décrets.
La crise du logement s’impose ainsi comme un enjeu majeur en Espagne, à l’approche des élections législatives prévues en 2027. Pour l’exécutif, l’enjeu est désormais de transformer les annonces en mesures applicables, alors que la pression des locataires et des mouvements sociaux s’intensifie.
