Le principal chef de l’opposition en Guinée-Bissau, Domingos Simões Pereira, a été placé en détention vendredi par un tribunal militaire. L’ancien Premier ministre et président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) est accusé d’implication présumée dans des tentatives de renversement du pouvoir, selon une source sécuritaire citée par l’AFP.
Domingos Simões Pereira avait été arrêté après le coup d’État militaire qui a renversé le président Umaro Sissoco Embaló le 26 novembre dernier. Libéré en janvier, il était depuis assigné à résidence à Bissau.
Les autorités militaires lui reprochent notamment d’avoir financé une tentative de coup d’État présumée en octobre 2025. Elles l’accusent également d’être impliqué dans des affaires financières distinctes ainsi que dans une autre tentative de putsch survenue en 2023, deux événements qui se seraient déroulés avant la chute de l’ancien président Embaló.
Convoqué vendredi matin devant le tribunal militaire, l’opposant a été immédiatement transféré sous escorte à la prison de Segunda Esquadra, dans la capitale Bissau. « À son arrivée, le juge du tribunal militaire l’a informé de la décision de le placer en détention », a déclaré une source sécuritaire sous couvert d’anonymat, précisant que l’audience n’avait duré que quelques minutes.
Ses avocats contestent la régularité de la procédure. Roberto Indeque, membre du collectif de défense de Domingos Simões Pereira, a affirmé que les avocats avaient boycotté l’audience, estimant ne pas avoir été informés de la comparution de leur client. Ils dénoncent une procédure menée « en dehors du cadre légal ».
Le PAIGC rejette également les accusations portées contre son dirigeant, qu’il considère comme une manœuvre politique visant à empêcher Domingos Simões Pereira de se présenter à l’élection présidentielle prévue le 6 décembre prochain.
Depuis son indépendance du Portugal en 1974, la Guinée-Bissau reste marquée par une succession de crises politiques, de coups d’État et de tentatives de prise de pouvoir. Le pays est actuellement dirigé par une junte militaire conduite par le général Horta N’Tam.
